‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 101 sur 186 · Ibid., lib. XXVIl, c · texte numérisé non relu

Ibid., lib. XXVIl, c

3. Siméon Luce et Tschackert en font un dominicain ; Hefele, Hergenrœther et Michelet un frère mineur. Il appartenait réellement au clergé séculier. Il fut enterré à Hesdin dans la maison des Franciscains en UU. — Cf. Denifle, Chartul., III, 462.

4. La Société rouennaise de Bibliophiles vient de publier le Livre du champ d'or et les autres poèmes Inédits de Jean Petit, un vol. in-4, de u-247 p.

reproches dans un long discours plein de verve et de violence. « On a rendu l'obédience au pape d'Avignon sous conditions , dit-il ; ces conditions n'ont pas été remplies. Benoît a violé sans pudeur ses serments et ses promesses. Vous savez tous avec quel empressement il à exigé les procurations, les annates, les dîmes et les services inventés par quelques-uns de ses prédécesseurs, au grand détriment du clergé. »

Le lendemain, Jouvenel des Ursins, avocat du roi, reprit toutes ces conclusions et rendit sa décision juridique. Elle comprenait trois points :

1" Le mémoire de l'Université de Toulouse en faveur de Benoît et de la restitution d'obédience sera livré ^ aux flammes.

2° Le roi est dans son droit en s'opposant aux demandes d'argent que multiplie le Pape.

3° Benoît n'a pas rempli les conditions mises à la restitution d'obédience ; le roi a donc le droit de la refuser de nouveau \

Les deux premières conclusions furent admises sans difficultés ^. La troisième était plus grave et pouvait replonger la France dans tous les désordres et les malheurs de la soustraction d'obédience. De leur côté, les partisans du Pape s'agitaient pour obtenir des délais. Le Parlement se décida à ne pas prendre de résolution avant la réunion des prélats de France qui devait avoir lieu à la Toussaint de cette année 1406.

En Italie, les affaires de l'union marchaient mal. Innocent, que nous avons vu si bien disposé, se refroidissait. Il faisait décider par quelques curiaux et quel-

i. Chronic. Karoli VI lib. XXYII, c. 2.— Hefele, t. X, p. 136. 2. La première conclusion fut admise à la fin de juillet et la seconde le 11 septembre.

ques ambassadeurs qu'il n'était point obligé de tenir le serment prêté par lui avant le conclave, de travailler efficacement à la paix de l'Église. Ses familiers s'étonnèrent hautement ^de ce revirement subit. Son oreille fut offensée de leurs propos et il déclara impérieusement au grand pénitencier et au vice-chancelier qu'ils eussent à faire taire ces discoureurs parce qu'il ne voulait plus entendre parler de l'affaire de l'union.

Telle était donc, à la fin de l'année 1406, la situation respective des deux obédiences. Aucune voie n'avait abouti,, aucun expédient politique ou militaire n'avait réussi : la paix semblait plus éloignée que jamais et, les amis de l'Église ne pouvaient que déplorer la ruine de leurs espérances aussitôt évanouies que conçues.

Vers cette époque, une femme distinguée, Italienne de race, mais Française d'adoption, écrivait le Livre des fais et bonnes mœurs du sage roi Charles F. « O quel flayel ! s'écriait-elle, o quel douloureux meschief qui encore dure et a duré jà l'espace de vingt-six ans! Ne taillée n'est cette., pestilence de cesser, si Dieu, de saincte miséricorde, n'y remédie! Car jà est cette détestable plaie comme apostumée et tournée en accoustumance... Si est grand péril que mort soudaine s'en suive quelque jour en la religion chrétienne. ^ »

4. Livre des fais et bonnes mœurs du sage roi Charles V. (Collection de Mémoires relatifs à l'histoire de France, 1" série, t. VI), p. H6.

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