‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 108 sur 186 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

a. Ibid., p. 126 et 200.

nuie à Nos Seigneurs, maître Pierre; avez-yous encore beaucoup à dire? » Et l'interpellé répond sans se troubler : (( Je n'aurai pas sitôt fait, j'ai encore beaucoup de matière. S'il vous plait, je finirai demain ^ »

C'est qu'en effet les discours d'alors dépasseraient souvent les bornes de la patience des auditeurs d'aujourd'hui. Ils ont trois divisions et parfois une d'elles comprend huit ou douze subdivisions^. Les orateurs émettent leurs propositions, non comme des assertions formelles ou des décisions explicites, mais comme de simples sujets de discussion et de délibérations, surtout quand il s'agit de l'Église, des papes et de leurs droits^. Ils se réservent ainsi une porte de sortie commode ou une excuse facile.

Bien que notre langue se prête davantage à la discussion, et offre plus de facilité pour les répliques improvisées, tous les discoureurs s'excusent de parler français : « Cette matière est haute, dit d'Ailly, et ne peut être expliquée en langue franczoise''. » — « J'eusse moult plus chier parler en latin, ajoute l'abbé du Mont- Saint-Michel. Je ne suis point usité à parler en françois et aussi je suis craintif et ne suis point bien seur à parler. Je vous supplie que vous preniez mes deffauts en patience et que vous me supportiés^. y>

L'éloquence de la tribune est à peine née en France ; elle bégaie encore dans ces tournois oratoires des prélats.

Les amplifications étranges, les applications forcées de la Sainte Ecriture, cachent parfois chez certains

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