Ibid., c. 8 et
d'Avignon, ne furent pas plus heureux. L'évêque de Cambrai, puis Gerson, ami et élève de d'Ailly, s'unirent à l'abbé de Saint-Denis pour essayer une nouvelle démarche : elle fut tout aussi infructueuse que les précédentes. L'inflexible Benoît refusa la bulle demandée : « Mes actions, répondit-il, vous prouveront mieux que mes paroles que j'ai uniquement en vue l'honneur de Dieu et les intérêts de l'Eglise. Soyez-en sûrs, je ne désire rien tant que d'être agréable au roi, à la France et à tout le peuple chrétien ^ . »
Aucune instance ne put le déterminer à aller plus loin et les ambassadeurs prirent congé de lui sans avoir pu obtenir rien de plus. Ils en furent profondément mécontents ; toutes leurs appréhensions se renouvelèrent et ils recommencèrent à douter des bonnes dispositions de Benoît. Quand ils arrivèrent à Aix-en-Provence, plusieurs voulaient proclamer immédiatement l'abandon de l'obédience selon les instructions qu'ils avaient reçues.
D'Ailly et Gerson combattirent avec énergie leurs raisons ; ils parvinrent à faire triompher des sentiments plus pacifiques et à différer la rupture totale^. Pendant que plusieurs de leurs collègues retournaient à Paris, l'évêque de Cambrai et le chancelier partirent pour Rome avec le patriarche, afin d'entretenir et d'activer les bonnes dispositions de Grégoire.
Tous les regards catholiques se portaient alors pleins d'espérance vers cette petite ville de Savone, où allait se réunir cette noble assemblée qui rendrait enfin la paix à l'Eglise divisée depuis près de trente ans.