‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 117 sur 186 · Cf. Martène et DURAND, t. VII, Col. 89G · texte numérisé non relu

Cf. Martène et DURAND, t. VII, Col. 89G

2. Louis de Bar appartenait, par sa naissance, à la famille royale de France. Il fut chanoine de Cambrai en 1403, puis il devint successivementévêque deLangres, deChâlonset deVerdun. II venait d'être élevé au cardinalat par Benoîtet il allait êtrefrappéde mortparun coup imprévu.

3. Deux de ces pièces, celle d'Aix et celle de Gênes se trouvent dans les œuvres complètes de Gerson, t. II, coll. 110 et 112. L'éditeur les attribue à Gerson lui-même, mais d'Ailly les revendique comme siennes dans son Apologia Concilii Pisani, Cf. Tschackert, Peter von Ailli^ app. XII, p. 31 et suiv. La troisième, celle de Tarascon, se lit dans Martèxe ET Durand, Vêler. Script., t. VII, col. 916.

4. De auferibilitate Papee, De unitate ecclesiastica, Propositio fada coram Anglicis, etc. 0pp. Gersonii t. II, coll. 113 et suiv. Gerson n'est pas l'auteur des octo conclusîones quarum dogmatizatio utilis videlur ad exterminationem moderni schismatis, 0pp. Gers. t. II, col. 110. 3IARTÈXE ET DuRAKD, t. VII, col. 892. Cette œuvrc Bst justement revendi-

Zabarella, nous l'avons vu, réclame pour l'empereur le droit de convoquer le concile général,^ tandis que Niem, toujours peu bienveillant à l'égard des papes, rappelle l'histoire d'Othon I" qui convoqua un concile pour déposer Jean XII. Il profite de la circonstance pour attaquer la papauté avec des expressions qui rappellent "Wiclef, et dont malheureusement certains membres des conciles de Paris lui ont donné l'exemple (1398 et 1406). Pour eux tous, un pape scandaleux est privé par là même de tout droit au commandement^. On voit dans tous ces opuscules, parfois étranges au point de vue doctrinal, comme un funeste contrecoup des disputes de l'école et du trouble profond que le schisme avait jeté dans les esprits même les mieux doués. Nous le répétons^, ces opinions sont un écho à peine affaibli des doctrines de Marsile de Padoue et de Guillaume Occam, et les troubles de l'Église n'ont fait que les accentuer davantage.

§ 4. — La chrétienté se divise de plus en plus.

La grave question du concile ne préoccupait pas seulement les théologiens, elle intéressait aussi le roi des Romains et les politiques allemands.

quée par d'Ailly dans YApologia Concilii Pisani qui se trouve en ms. à la bibl. de Saint-Marc à Venise, cod. lat. 129, f. 93. Riclier et EUies-Dupin ont attribué à Gerson beaucoup de pièces qui sont de l'époque, mais qui n'ont pas été composées par le célèbre Chancelier, le de modîs uniendi par exemple. Une révision de ses œuvres serait utile et désirable. Bossuet la réclamait déjà de son temps, Defensio declar., p. II, 1. V, c. 12. Il n'avait sous les yeux que l'édition ïlicher (Paris, 1606).

1. Voir son traité dans Schardibs, De jurisdîctione imperiali, p. 69G.

2. De seismate, III, 9 à 12. — Simon de Craraaud, Pierre le Roy, Gilles des Champs, Matthieu de Krakow et Gerson tiennent tous le même langage.

- 3. Voir le chapitre \l du présent ouvrage, p. H7.

246 LE GRAND SGHISME.

Robert de Bavière, élu en remplacement de Wenceslas^ , était un partisan convaincu du pape de Rome, dont le prédécesseur Boniface avait déposé, en 1403, son concurrent à l'Empire. Il avait reçu un ambassadeur du concile de Pise, le cardinal Landolphe de Bari, mais il lui avait fait un accueil glacial. A la diète de Francfort, il avait réservé toutes ses faveurs au neveu de Grégoire, Antoine Corrario , que le pape venait d'envoyer comme légat en Allemagne.

Le roi des Romains avait même permis à Antoine d'injurier en pleine assemblée les cardinaux réunis à Pise et en particulier l'ambassadeur Landolphe, malgré les murmures des prélats et des seigneurs 2.

Robert voulait profiter des discordes entre le pape et Wenceslas pour s'emparer du trône impérial et faire poser sur son front la couronne des Césars par les mains de Grégoire XII, sa créature. Il rêvait de reprendre le rôle de Henri de Francônie et de Frédéric Barberousse et de réunir l'Italie tout entière sous un seul sceptre, celui de l'empereur d'Allemagne. Ainsi l'avait voulu Dante et après lui tant d'écrivains plus patriotes que catholiques.

Au XVP siècle, Varchi, historien florentin, écrivait : « Pour dire le vrai, jamais les fatigues et les infortunes de l'Italie ne cesseront, tant qu'un prince heureux et prudent n'en aura pas pris le gouvernement général, car il ne faut point espérer un pareil bienfait des papes. » Ce fut toujours le programme révolutionnaire et la thèse gibeline.

Robert ne recherchait donc que son propre intérêt et avait peu de confiance dans l'efficacité des efforts de

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