‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 122 sur 186 · Cf. Gams, Séries episcoporum, p. 796 (Ralisbonne · texte numérisé non relu

Cf. Gams, Séries episcoporum, p. 796 (Ralisbonne

son des cloclies l'eut fait connaître, chacun s'empressa de lui témoigner sa joie respectueuse. Peut-être beaucoup de ces hommages étaient- ils intéressés, car on savait que le nouveau pontife ne pouvait se résoudre à refuser une faveur. Une bonté pleine de munificence était le trait saillant de son caractère. Niem lui-même, habituellement peu bienveillant quand il s'agit du pontife romain, est obligé de louer la générosité de son cœur^. Alexandre fut couronné solennellement, le 7 juillet, par le cardinal de Saluées, au milieu des acclamations universelles, car tout le monde croyait le schisme terminé pour toujours.

Le nouveau Pape s'empressa d'envoyer des légats à tous les souverains de la chrétienté pour annoncer son élection, et il reçut de tous les points du monde les marques d'une vive sympathie pour lui et pour la situation de l'Église. Charles VI lui écrivit par la main de son secrétaire, Jean de Montreuil -, et la France honora l'humble Frère Mineur devenu pape comme s'il fût descendu du sang des rois ^. Il présida les quatre dernières sessions du concile, y confirma toutes les ordonnances prises par les cardinaux depuis leur refus d'obéissance, et réunit en un seul les deux sacrés collèges. Il déclara ensuite qu'il travaillerait énergiquement à la réforme, de concert avec l'élite des prélats de chaque nation. Néanmoins, Alexandre distribua immé-

1. Niem, p. 321. — Cf. De dif/icuUate reformationis in Concilio universali (août 1410). Cet ouvrage a été longtemps attribué à d'Ailly, mais il est vraisemblablement de Tliierry de Niem : c'est l'opinion de Lenz, de Schwab et d'Hergenrœther. Opp. Gersoniî, t. II, col. 872.

2. Cf. Martèseet Durasd, Veter. Script.,11, col. 1374. — MB"^ Hautcoeur, Histoire de Saint-Pierre de Lille, t. II, p. 161.

3. Les députés français protesteront plus tard au concile de Rome contre ces faveurs exagérées dont l'Université de Paris fut très mécontente. — Cf. FiNKE, Acta Concilii Constant., 1. 1, p. 162.

diatement à pleines mains les grâces et les privilèges, surtout aux Mineurs et aux Augustins, et accorda trop libéralement à ses amis des évêchés et des abbayes. C'était mal commencer la réforme que d'y contredire de la sorte.

L'assemblée, avant de se séparer, prit encore de nombreuses mesures juridiques et régla certaines situations au plus grand profit des prélats, des abbés et des seigneurs, autre funeste exemple donné par le concile expirant. On décréta cependant que dans trois ans, c'est-à-dire en 1412, on réunirait un autre concile général, qu'auparavant les métropolitains assembleraient des conciles provinciaux et examineraient avec eux la question de la réformé. Ces décisions étaient sincères sans doute, mais on est péniblement impressionné quand on voit les évêques et les abbés songer à augmenter leur puissance personnelle, à diminuer leurs charges pécuniaires avant de penser à s'amender eux-mêmes. « Et haec fuit ipsa reformatio ultro promissa ! s'écrie douloureusement un contemporain : voilà donc cette réformation si bien et si longtemps promise^ l » On pouvait craindre que les actes ne correspondissent point aux paroles et que la réforme, si persévéramment désirée, si ouvertement annoncée, ne restât longtemps encore lettre morte.

Pendant ce temps, Grégoire XII s'efforça de réunir un concile à Cividale deFrioul. Il ne s'y trouva presque personne et on y porta, des sentences que la situation précaire du pape rendait forcément inutiles. Les résultats furent tels que le pontife déposé fut obligé de s'enfuir déguisé en marchand ^.

\. KiEM, De diffîcuUate refoi'mationis in Concilio universali, 0pp. Gersonii, t. II, col. 872.

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