Thésaurus anecdoL, t. I[, col
Théodore Urie, un des appuis de Grégoire, semble douter si l'on s'assemble à Pise avec les sentiments de Dathan et d'Abiron ou avec ceux de Moïse * . Saint Antonin '^ et après lui Cajetan, Turrecremataet Raynald le nomment ouvertement un conciliabule ou tout au moins contestent son autorité.
D'un autre côté, l'école gallicane, ou bien l'approuve, ou bien plaide les circonstances atténuantes. Noël Alexandre , à la fin d'une longue dissertation , affirme que ce concile détruisit le schisme autant qu'il le put ^. Bossuet dit à son tour : « Si le schisme qui désolait l'Église de Dieu ne fut pas exterminé à Pise, il y reçut du moins un coup mortel et le concile de Constance l'acheva ^' . »
Les Protestants qui vont jusqu'au bout de leurs principes applaudissent sans réserve à ce concile, ils voient « le premier pas important dans le sens de l'affranchissement du monde », et saluent en lui l'aurore de la Réforme ^.
Peut-être est-il plus sage de dire avec Bellarmin que cette assemblée est un concile général qui n'est ni approuvé, ni réprouvé ^. A cause des illégalités qui s'y rencontrent et des contradictions qui y éclatent, on ne saurait le citer comme un concile œcuménique. Et pourtant il serait injuste de le flétrir comme un conciliabule, de le comparer au brigandage d'Éphèse, au