vos DER HARDT, t. IV, p. 23. — Mansi, t. XXYII, p
la précédente. Cette mesure pourrait être périlleuse, en ce sens qu'elle blesserait ceux qui nient la légitimité du concile de 1409. D'après les décisions de Pise, et en vertu de leur serment, le Pape et les cardinaux sont obligés de travailler à l'union de l'Église et à la réforme in capite et in membris ^ . »
Dans un second écrit, présenté au concile le 14 décembre, le cardinal de Cambrai ajoutait : « A l'égard des prétendants, il importe d'employer d'abord tous les moyens de persuasion pour arriver à la cession volontaire. On ojffrira à Grégoire et à Benoît, s'ils consentent à résilier leurs fonctions, des compensations sérieuses et une situation convenable. S'ils résistent, on ne fera à leur lûort aucune nouvelle élection^... »
Dans cette pièce comme dans plusieurs autres que reproduit Von der Hardt , Pierre d'Ailly veut épuiser toutes les voies de conciliation avant d'arriver à des moyens de rigueur : il n'hésite même pas à renouveler ses doutes sur la valeur et l'efficacité du concile de Pise. Il a raison ; mais malheureusement il se donne en même temps le tort de répéter ici son opinion sur la faillibilité des conciles généraux. « Ils se sont parfois trompés , dit-il , en fait et en droit, même dans la foi. Seule, l'Eglise universelle a le privilège de l'infaillibilité 3. »
Nous voyons dans cette affirmation, à la fois si fausse et si grave , comme le prélude des décisions hétérodoxes qui seront prises dans les premières sessions du concile.
1. Von der Hardt, t. II, col. 192, 201. — Cf. H. Finke, Forschungen und Quellen. (Munster, 1889.)