‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 152 sur 186 · Mansi, t. XXYII, p. 681. — Von der Hardt, p. 210 et suiv · texte numérisé non relu

Mansi, t. XXYII, p. 681. — Von der Hardt, p. 210 et suiv

daleuse pour la chrétienté. En conséquence, le saint concile relevait tous les fidèles de leur serment d'obéissance à Jean XXIII et défendait de lui donner désormais le nom de pape. Il ordonnait de plus qu'on le renfermât en lieu sûr sous la surveillance de Sigismond. Les Pères décidaient enfin que ni Balthazar Cossa, ni Ange Corrario, ni Pierre de Lune ne pourraient dans l'avenir être élevés sur la chaire pontificale ^ .

L'évêque d'Arras lut cet acte si grave en présence du concile, chaque Père répondit : placet. Le sceau pontifical fut rompu par le marteau d'un orfèvre et les armes de Jean XXIII furent brisées. C'était le pendant, et peut-être la punition, du jugement si sévère porté contre Grégoire XII et Benoît XIII par le concile de Pise, le 5 juin 1409, sous l'influence de Balthazar Cossa. La Providence ne frappe-t-elle point parfois de la peine du talion?

Une députation alla notifier au pape sa condamnation définitive, le 31 mai. Elle se rendit à Radolfszell; Jean la reçut convenablement et ratifia la sentence sans faire aucune opposition. 11 se soumit par avance à toutes les décisions ultérieures des Pères et se recommanda à leur clémence.

Le 3 juin, il fut transféré de l'autre côté du Rhin dans ce même château de Gottlieben, que venait de quitter Jean Hus. Le comte palatin, Louis de Bavière, ami personnel de Grégoire XII, accepta de le surveiller. Il trouva bientôt que cette prison n'était pas assez sûre et il fit transporter le pontife dans sa résidence d'Heidelberg, puis àMannheim, où il rendit sa captivité plus sévère.

i. Von der Hardt, t. IV, p. 281. — Mansi, t. XXVII, p. 713. — Baudouin, Vni, 376.

L'infortuné prisonnier passait son temps à composer des vers latins sur l'instabilité des choses humaines. Louis le retint ainsi prisonnier jusqu'en 1418; mais, à cette époque, il se brouilla avec Sigismond et il rendit la liberté au pontife contre une rançon de 30000 florins d'or.

Jean XXIII vécut encore assez longtemps pour reconnaître Martin V comme vrai pape à Florence et pour protester qu'il voulait vivre et mourir dans sa dépendance. Le nouveau pontife en fut tellement touché, qu'il lui donna le premier rang dans le Sacré-CoUége avec le titre de cardinal-évêque de Tusculum ^ . Cossa mourut en décembre 1419, après avoir profité des rudes leçons de l'adversité. L'on voit son tombeau dans le célèbre baptistère de Florence. L'inscription est courte et frappante dans sa simplicité : Gi-git le corps de Balthazar Cossa, Jean XXIII, qui fut pape. « Cette tombe, dit Gregorovius, est un monument commémoratif du grand schisme : c'est le dernier tombeau élevé à un pontife romain en dehors de Rome. » ^

S 2. — Abdication de Grégoire XII.

Pendant que ces événements se passaient à Constance et dans les environs, le pape Grégoire continuait à régner dans la ville de Rimini, sous la protection du chevaleresque Malatesta, seigneur de cette ville et gouverneur des Romagnes pour le Saint-Siège. Il avait alors quatre-vingt-neuf ans et, malgré la funeste influence de ses neveux Antoine et Paul Corrario, il dési-

1. Von der Hardt, t. IV, p. 1497. — mansi, t. xxvir, p. 1172, — Hardouin, t.Vni, coll. 834et871.

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