Ibid., p
vent des Augustins, demeure qui lui avait été désignée par les magistrats de la cité, il fit placer les armes de celui dont il était le plénipotentiaire, de Grégoire XII. Elles furent enlevées une nuit de novembre ^ ; Jean Dominici protesta avec énergie, et cet incident défraya toutes les conversations à Constance pendant plusieurs jours. On ne permit pas que ces armoiries fussent replacées avant l'arrivée de Grégoire, qu'on s'attendait toujours à voir paraître en personne ^ .
Le Pape cependant ne tarda pas à changer de sentiment. Il avait toujours aimé profondément l'Eglise, et l'heure était venue de le montrer autrement que par des paroles. Le 15 mars 1415, il envoya à Sigismond une bulle par laquelle il nommait son cher fils Charles de Malatesta son procureur auprès du prince et le chargeait de renoncer réellement et effectivement en son nom au droit, titre et possession de la papauté 2.
Le jour où cette bulle arriva à Constance, le 13 mai, on y reçut aussi une lettre de Malatesta, datée de Brixen et adressée aux nations, dans laquelle le gouverneur des Romagnes s'excusait de son retard et annonçait son arrivée prochaine^.
Deux jours après, on lut au concile une bulle de Grégoire destinée au cardinal de Saint-Sixte. Le pontife y manifestait son intention de renoncer à la tiare et consentait à reconnaître le concile en tant que la convocation en avait été faite au nom de Sigismond. Il ne voulait pas entendre parler de Balthazar Cossa, comme il l'appelait ; il tenait essentiellement à ce que
d.MANsi, t. XXYII, p. S'»o. — lenfant, Histoire du concile de Constance, 1. 1, p. 33.
2. Nous avons trouvé le texte de cette remarquable bulle dans Fdjke, p. 270.