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VON DER Hardt, t. IV, p

378 LE GRAND SCHISIME.

cret FrequenSy si souvent reproduit depuis, au sein des conciliabules schismatiques comme celui de Bâle, et dans les Pragmatiques sanctions suspectes comme celle de Bourges (7 juillet 1438). ^

2° Pour prévenir désormais tout danger de schisme, dans l'hypothèse de deux ou plusieurs prétendants à là papauté, un concile se réunira d'office avant un an pour juger le différend. Tous les prélats seront tenus d'y assister sans autre convocation.

3° Chaque pape, avant la proclamation de son élection^ sera obligé de remettre une profession de foi catholique entre les mains de ses électeurs ; le concile en donne la formule.

4" Les translations des prélats d'un siège à un autre ne devront plus se faire sans le consentement des intéressés.

S** Les réserves faites par le pape et le droit de dépouilles devront raisonnablement être supprimés^.

Sans entrer dans le détail de ces ordonnances, on voit que toutes sont issues d'un droit contestable et sont inspirées par un esprit de défiance à l'égard du pontife suprême. Les prélats prennent leurs précautions contre le pape futur. Un autre décret reflète les mêmes préoccupations et oblige le nouveau pontife à

1. Sur le concile de Bâle, cf. Hefele , t. XI, pp. 188 et suiv. Sur la Pragmatique Sanction de Bourges, ibid, p. 486. Des écrivains modernes ont aussi réclamé la tenue périodique des conciles généraux et ont voulu en faire un organe permanent de la vie et de l'autorité dans l'Église. Voir l'ouvrage de Ms"' Maret, Du concile général et de la paix religieuse, t. li, p. 414, et l'article manifeste du Correspondant publié à la veille du concile du Vatican et dû à la plume de M. Cochin (10 octobre 1869). — Cf. Em. Ollivier, L'Église etVÉtat au concile du Vatican, 1. 11, p. 73. — Voir aussi Bossdet, Defensio declar. cleri gallicani, p. I, lib, V, c. 16.

2, Cf. HuBLER, Die konstanzer Reformation, p. 23.— Hefele, t. XI, p. 41. — Bosscet, iiid., c. 17.

LA FIN DU CONCILE. " a79

décider, de concert avec les membres du concile et les nations, des réformes applicables non seulement à la curie romaine, mais encore au futur chef de l'Église.

§ 2. — Éelction de Martin V.

Enfin les Pères se déterminèrent à résoudre la question qui primait toutes les autres, celle de l'élection du nouveau Pape. Comment procéderait-on à ce conclave, qui allait se réunir dans des circonstances si extraordinaires ? Quels seraient les électeurs ? Quel allait être l'élu ?

A cause des défiances qui se manifestaient envers les cardinaux, le concile ne voulut pas qu'ils fussent seuls à prendre part à l'élection du pontife suprême. Aux vingt-trois membres du Sacré-CoUége on adjoignit, pour cette fois, trente autres prélats, six par nation^. Cette décision, nouvelle en droit canonique, fut prise le 30 octobre 1417, dans la quarantième session solennelle. D'Ailly l'avait conseillée quel«ques jours auparavant (3 octobre)^. Le roi des Romains avait fait préparer pour le conclave le vaste entrepôt que l'on visite encore aujourd'hui sur les bo rds du lac de Constance. Il en avait choisi les gardes parmi Iqs princes les plus illustres de toutes les nations ; il leur avait fait prêter serment en sa présence et avait défendu au peuple de piller la maison de celui qui allait être élu. Enfin, le 8 novembre, les cinquante-trois électeurs entrèrent en conclave, et prêtèrent devant Sigismond le serment de

i. Les deux principaux députés pour la France furent Guillaume de Boisratier, archevêque de Bourges, et Jacques Gélu, archevêque de Tours.

2. Modus eUgendi summum Pontificem. Cf. Tractatus et sermones, Strasbourg, 1490. — Von der Haedt, t. n, p. 586; t. IV, p. 1432.

choisir un prélat vertueux et capable de réformer l'Église. Les portes furent ensuite fermées et des soldats gardèrent toutes les issues.

Le lendemain commencèrent les travaux au milieu des prières et des exhortations. Chaque jour, une procession solennelle partait de la cathédrale de Constance et longeait la salle du conclave, en récitant le Veni sancte Spù'itus.

Six candidats furent d'abord en présence, puis il n'en resta plus que quatre. Enfin, après de longues discussions, au moment où le roi des Romains, les princes et le clergé passaient en procession sous les fenêtres du conclave, toutes les voix se réunirent sur Odon Colonna, cardinal diacre du titre de Saint- Georges, qui prit le nom de Martin V.

Le nouveau pontife avait quarante-neuf ans ; il appartenait à cette noble famille des Colonna romains, dont les attaches étaient gibelines, et qui fut si longtemps hostile aux Orsini. Elle avait déjà fourni vingt-sept cardinaux à l'Église, et Martin V n'était pas le premier de sa race qui montât sur le siège de Saint-Pierre ^ . Les savants estimaient sa connaissance profonde du droit canonique ; les simples fidèles le vénéraient comme un prélat bienveillant, pacifique et modeste. A la première nouvelle de son élection, les foules se précipitèrent vers le lieu du conclave, et y manifestèrent une joie qui fut bientôt partagée par l'Église entière. Sigismond accourut lui aussi, félicita les électeurs et baisa le pied du nouvel élu. Le pape Martin embrassa le roi et le remercia d'avoir si puissamment contribué au maintien de l'unité et de la paix.

1. Ughelli, Elogia Columniensis familix, Romas, 4030. — Guiraud, L'État pontifical après le grand Schisme, p. 50.

Le soir, à la procession solennelle, Sigismond et l'électeur palatin conduisirent par la bride la haquenée du pontife jusqu'à la cathédrale ; puis Martin V alla occuper à l'évêché les appartements laissés vides par Jean XXIIl. Le lendemain il fut ordonné diacre, le samedi prêtre et le dimanche évêque ; puis il reçut de tous le serment de fidélité. Le dimanche suivant eut lieu son couronnement solennel dans la grande cour du palais épiscopal.

Le nouveau pape, sans être inféodé à aucun parti, voulait sincèrement toutes les réformes nécessaires. Adroit et sympathique, on lui croyait entre les mains tous les moyens de réussir. Mais la tâche était ardue, et on ne tarda point à s'apercevoir qu'il ne la mènerait pas de sitôt à bonne fin. Le temps n'était point encore venu, les réformes ne semblaient pas mûres; le concile, bien qu'il eût désormais un chef légitime et qu'il fût devenu œcuménique depuis la trente-sixième session, dut cependant reconnaître que plusieurs de ses membres n'apportaient pas à l'œuvre de la réformation assez de bonne volonté. Le pontife romain en effet n'était guère aidé par eux; chacun voulait commencer la réforme par son voisin et les divisions n'avaient pas été éteintes par l'élection du Pape. « Il suffît qu'une nation veuille une réforme pour qu'une autre la repousse; » ainsi parlait le délégué de l'Université de Vienne devant le concile. Cette simple observation caractérise l'effet dissolvant de la division par nations ; elle explique en même temps la stérilité des efforts des Pères. Sigismond fit des démarches auprès de Martin V pour hâter la conclusion des affaires ; une nouvelle commission fut nommée ^ et la question brûlante des bénéfices fut

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