Ch. XV, p
Martin V avait admis et approuvé les fameuses propositions présentées dans la quatrième et la cinquième sessions. Si la supériorité du concile sur le pape est une doctrine véritable, c'est le concile et non le Pape qui est le vicaire immédiat de Jésus-Christ. Martin V, en condamnant Wiclef, a donc aussi frappé indirectement la doctrine de Constance ^ .
Nous en avons une autre preuve tout aussi péremptoire. Parmi les questions à poser à ceux qui sont suspects d'hérésie hussite, nous trouvons celle-ci : Croyez-vous que le Pape canoniquement élu est le successeur du bienheureux Pierres, ayant la suprême autorité dans l'Eglise de Dieu ? Si la proposition de Constance est vraie, l'accusé devait répondre : « Non, c'est le concile qui est investi de cette suprême autorité, » L'hérétique suspect n'aurait donc pu être réconcilié, s'il avait soutenu la doctrine des premières sessions de Constance.
Que conclure de ce double argument, sinon que Martin Y, bien loin d'avoir confirmé les propositions qu'on a appelées plus tard gallicanes, les a, au contraire, formellement condamnées ^ ?
S 4. — Le départ du Pape et du roi des Romains.
Le concile avait résolu presque toutes les questions qui lui a^vaient été soumises. Depuis près de quatre ans, les Pères étaient rassemblés, non sans inconvénients réels pour tant de diocèses privés pendant de si longues années de leurs légitimes pasteurs.
1. Hefele, p. 75. — Cf. Cajetan, De auctoritate Papœ et Concilii, tr. I et n. — Gonzalez, De Infallib., disp. xni, sect. V, § s, n° 2. — Bossuet refuse d'admettre ces arguments qui lui semblent des subtilités scholastiques, p. II, lib. V, c. IS, de la Defensio declarationis cleri gallicani.