‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 32 sur 186 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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compte de cet avis et ajourna toute déclaration publique.

Quelques semaines plus tard, de nouveaux échanges de lettres avaient lieu entre Paris et Anagni. Charles, de plus en plus travaillé, se laissa graduellement gagner et se prononça pour les cardinaux, même avant l'élection de Robert de Genève. Celui-ci crut devoir l'en remercier plus tard : les termes emphatiques dont se servit l'élu de Fondi montrent toute la chaleur d'une reconnaissance qui ne tardera pas à se manifester par des actes.

Une seconde assemblée fut tenue au Bois-de-'Vincennes après qu'on eut appris en France l'élection de Clément VII (16 novembre). On conseilla au roi de se déclarer ouvertement pour son parent, qui se fixerait sans doute à Avignon. Cette décision s'accordait évidemment avec les sentiments intimes de Charles, car il s'empressa de faire publier dans toutes les églises, avec le cérémonial accoutumé, la nouvelle de la seconde élection.

Malgré l'expression de la volonté royale, l'Université eut quelque peine à changer d'avis. Le recteurdemanda un répit avant de se décider : les nations anglaise et picarde déclarèrent vouloir rester neutres.

Sur ces entrefaites, l'habile Jean de Cros fut envoyé par Clément à Paris pour le représenter et pour défendre ses intérêts. Il avait reçu de celui-ci le droit de poursuivre les Urbanistes qui se rencontreraient en France et de fortifier les convictions des Clémentins.

Le 6 avril 1379, le cardinal fut reçu à Notre-Dame. Quelques jours après, il parla avec chaleur et assurance devant le roi, les princes et les prélats : il raconta les détails de l'élection d'Urbain de manière' à apaiser les scrupules de son auditoire. Le 7 mai, il re-

nouvela son récit au château du Bois-de-Vincennes devant une nouvelle assistance de choix. Il ouhlia, sans doute, de dire qu'il avait été le premier à donner sa voix à Barthélémy et qu'il avait formellement exprimé l'intention de l'élire à titre définitif. Quoi qu'il en soit, deux autres cardinaux récemment arrivés à Paris, Guy de Malesset et Guillaume d'Aigrefeuille, appuyèrent chaleureusement ses dires et toute l'assemblée se déclara convaincue. Elle adjura le souverain de reconnaître l'élu de Fondi, de lui obéir et de le soutenir^ Le peuple suivit naturellement ses pasteurs : l'Université elle-même consentit à se déjuger et à se soumettre, les nations anglaise et picarde exceptées. Un docteur en théologie assez célèbre, Simon Fréron, fut chargé d'annoncer à Charles la décision résignée de VAlma Mate7\ Il le fit avec un certain oubli de la dignité professionnelle, qu'un historien a pu qualifier de platitude ^ ; mais les intéressés feignirent de croire que cette adhésion était aussi spontanée qu'unanime. L'Université s'empressa d'envoyer à Clément la liste de ses suppliques : elle voulait recueillir immédiatement le fruit de sa soumission. Pierre d'Ailly, alors simple bachelier en théologie, fut chargé de la porter au nouveau pape.

Tel parait donc avoir été le rôle de Charles V dans ces délicates circonstances. Comme les conseils qu'il recevait répondaient peut-être à ses désirs secrets, et sûrement à ses intérêts politiques, il fut entraîné dans la voie du schisme sans que sa conscience pût s'inquiéter. Les vrais coupables, seraient en cette circons-

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