‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 33 sur 186 · Valois, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Valois, 1. 1, p

2. Valois, t. I, p. 139. — Cf. Denifle, Chartularium, t. III, n° 1624 et suiv.

tance, plutôt les cardinaux de Fondi, puis le pontife créé par eux. Ils ont assumé devant l'histoire de terribles responsabilités, et la plus grande est peut-être d'avoir trompé le roi, de l'avoir amené à devenir le fauteur persévérant du schisme et d'avoir ainsi perpétué les plus lamentables divisions.

Sans doute cette grave affaire ne fut pas débattue en France dans toutes les formes judiciaires ; sans doute une pression fut exercée sur l'Université, alors si influente ; mais nous ne saurions incriminer la bonne foi et la loyauté de Charles V. Jusque sur son lit de mort, il affirma s'être déterminé à embrasser l'obédience de Clément à cause des révélations des cardinaux. C'est donc sur eux seuls que doivent retomber toutes les sévérités de l'impartiale histoire.

Il faut l'avouer pourtant : si la France n'avait point soutenu Clément, le parti de la révolte eût paru bien peu solide. Grâce à Charles V, le royaume de Naples se décide pour le pape qui avait été élu sur ses frontières. L'Ecosse embrasse le parti français à cause d'une haine commune contre l'Angleterre qui s'était déclarée pour Urbain. La Castille, d'abord neutre, se prononce en faveur de Clément par des motifs semblables ^ . Le Portugal est gagné aussi à sa cause par le renom d'orthodoxie de la maison de France. Le duc de Savoie se range du parti de Clément à cause dé sa parenté avec lui. Enfin, l' Aragon et la Navarre s'attachèrent plus tard au nouveau pape, grâce aux secrètes intrigues, à l'habileté consommée et au zèle infatigable de son légat Pierre de Lune ^. Ce n'est pas dans l'évidence des faits et des preuves qu'on doit

1. C£. Valois, 1. 1, p. 210 et passini. — Delalosde, Étude historique et critique sur le grand Schisme, p. 93.

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