‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 35 sur 186 · Cf. Balbze, 1. 1, coll. 492 et · texte numérisé non relu

Cf. Balbze, 1. 1, coll. 492 et

2; Valois, 1. 1, p. 233 et p. 233.

3. MB"^ Hautcoeur, Histoire de Saint-Pierre de Lille, t. II, p. 88. — Cf. Gallia Christiaha, t. III, p. 229.

L'ÉLECTION CLÉMENT VII A FONDl. 75

Tournai n'acceptèrent pas davantage le pape d'Avignon. Ces derniers reconnurent Jean Voëst, doyen de Tournai, à qui Urbain envoya ses bulles en 1380 \ et qui se fixa à Gand. A part les châtellenies de Dunkèrque, de Bourbourg et de Cassel, qui dépendaient de la duchesse de Bar, toute la Flandre obéit au pape romain. Le Hainaut resta neutre; le duc de Brabant se tint à l'égard de Clément dans les limites d'une froide politesse.

L'Italie est le centre de la grande lutte. D'abord divisée, elle aussi, en deux obédiences, elle devint bientôt le principal boulevard du pontife de Rome. Dès le commencement de la révolte, l'adhésion de la reine Jeanne et de son mari Othon de Brunswick valut à Clément la soumission du royaume de Naples au sud, et du marquisat de Montferrat au nord. De plus, les mercenaires gascons et bretons, tout dévoués à l'élu de Fondi, maintenaient par la terreur une partie de la péninsule. Mais l'opinion publique était hostile aux Français et au pape qu'on appelait le « bourreau de Césène ». Florence et Milan se rallièrent au pape de Rome. En plusieurs rencontres les étrangers furent battus, le château Saint-Ange fut repris par les Romains (27 avril 1379). A cette nouvelle, le pontife de Fondi s'enfuit et se réfugia à Naples. Mais, trois jours après, la ville se souleva aux cris de : « Yive le pape Urbain ! Mort à Clément I » Effrayé de ces désordres

1. Il mourut en 1384 et eut pour successeur Guillaume de Normannls, bénédictin, évéque d'Ancône. A Malines, on. reconnaissait Jean Ysewyns que Rome désigna comme administrateur spirituel et temporel du diocèses de Cambrai en 1400. — Cf. Neefs, « Notes sur la situation de laBelgique pendantle grand Schisme », Revue Catholique de Louvain, 13 septembre 1876. — Baeten, Verzameling van Naammolen Betrekkelijk de Rerkeljke Geschiedenis van het Aartsbisdom van Mechelen, 1. 1, p. 3. — MiRAECS, 0pp. dipl. et hïst., t. H, p. 1030.

et de ces menaces, peu confiant d'ailleurs dans le secours que pourrait lui apporter le duc d'Anjou, Clément quitta l'Italie révoltée et s'embarqua pour Marseille. Après quelques péripéties fâcheuses, il aborda en Provence, et ne se trouva complètement en sûreté qu'à l'abri des murs du palais des Doms : il arriva à Avignon le 20 juin 1379 K 11 retrouvait là une capitale paisible, un palais magnifique, une cour de cardinaux et mille souvenirs de puissance et de grandeur. 11 renouait la cliaîne des temps et la succession momentanément interrompue des papes avignonnais.

Donc, les sièges des deux papes sont, à partir de cette époque, définitivement établis et les grandes lignes de leurs obédiences respectives nettement dessinées. Tout l'Ouest, sur les bords de l'Atlantique, est clémentin, à part l'Angleterre et la plupart de ses possessions en France. Au contraire, l'Allemagne dans sa grande majorité, la Flandre et l'Italie à Texception du royaume de Naples, sont urbanistes. Partons d'Edimbourg et traçons une ligne de démarcation entre l'Angleterre et l'Ecosse jusqu'à la mer d'Irlande, puis continuons de Nieuport à Liège, de Liège à Bâle, de Baie à Constance, de Constance à l'ouest de Gênes, faisons-la enfin passer entre le royaume de Naples, officiellement soumis à Clément, et les États de l'Église, et nous aurons une délimitation géographique assez exacte des obédiences de Rome et d'Avignon ^. Quant

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