‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 45 sur 186 · Id., p · texte numérisé non relu

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sa cause après que le duc Léopold a trouvé la mort dans les champs de Sempach (1386) ^ .

En Allemagne, les diètes de Nuremberg {1378-1381) et de Francfort (1379) se terminent par des déclarations formelles en faveur d'Urbain. Comme les Hongrois, les Allemands envoient des ambassadeurs auprès de Charles VI à Paris, et ils supplient tous ensemble le roi de France de défendre avec eux le pontife de Rome, le vrai pape.

Nous avons déjà décrit la situation de la Flandre^ tiraillée en sens contraire par ses évêques qui étaient clémentins, et par son bas clergé qui maintenait le Comte et les fidèles dans le camp urbaniste. L'infatigable cardinal Guy de Malesset avait entrepris de conquérir cette contrée à la cause de Clément et il était arrivé à Tournai en 1379. Louis de Maele lui fit refuser l'entrée de ses domaines et l'obligea de rétrograder jusqu'à Cambrai. Avec la protection de l'évêque clémentin Jean T'serclaes, Malesset s'obstina à vouloir forcer l'entrée du.pays flamand.

Ecoutons Froissart : « Il cuidoit aller en Flandres pour parler au conte et au pais, mais point n'y ala, car il ly fu signefyet dou comte qu'il n'y avoit que faire pour ceste cause, car il tenoit Urbain à pappe et toujours le tenroit et en cel état viveroit et morroit » ^.

Comment convertir à la cause de Clément ces Flamands opiniâtres? Le cardinal crut qu'un concile aurait quelque influence sur ces esprits prévenus, et il les réunit à Cambrai en 1379. Il y raconta à sa manière l'élection mouvementée d'Urbain et les scènes de Fondi. Cet exposé des faits ne dut pas différer sensiblement de la

i. Valois, p. 303. — Chronic. Karoli FI t. I, p. 72-80. 2. Froissart, t. XVI, pp. 147 et 520.

narration qu'il avait faite quelque temps auparavant devant le roi, le clergé et les seigneurs à l'assemblée du Boîs-de-Vincennes, ou encore de celle qu'il fera plus tard à Avignon devant les ambassadeurs du roi d'Aragon ^

L'année suivante, nous le retrouvons à son poste d'observation, sur les frontières de Flandre : avec plus de persévérance que de succès, il épie toujours le moment où il pourra entrer dans le pays. Le 1^' octobre 1380, il tient à Cambrai un nouveau concile régional, et y prononce un discours. Nous en avons sous les yeux le texte inédit- et nous en donnons une rapide analyse.

Le premier point flétrit certains abus qui empêchent la connaissance de la vérité. Ils sont dus aux prédicateurs et aux envoyés de Barthélémy : il faut dévoiler leur malice. Guy attaque ensuite indirectement le comte de Flandre. « Quelques-uns, dit-il, ne veulent pas entendre les tenants de chaque parti. De là beaucoup d'inconvénients : la vérité est cachée, l'erreur est introduite, la loi est méprisée. Dieu est offensé, le prochain est scandalisé, le soupçon se fait jour, la division s'augmente et l'amitié civile qui doit régner entre les hommes disparaît. Vous m'objectez : Mais les partisans de Clément sont excommuniés, ils ne sont pas dans la vraie foi, ce sont des schismatiques à éviter. — Je ré-

1. Dans cette pièce importante le Cardinal se plaint beaucoup de son manque de mémoire et répète jusqu'à dix fois : now recordor, non stat in memoria mea, nescio. ïl est pourtant obligé d'avouer qu'il a demandé des bénéfices à Urbain et qu'il lui a offert des présents avant l'éxode des cardinaux à Anagni et à Fondi. Si les prêtres du synode de Cambrai lui avaient objecté toutes ces circonstances, ils auraient probablement beaucoup embarrassé Guy de Malesset. — Cf. Gayet, t. II. Pièces justifie, pp. 97 et suiv. — Bibl. de lÉcole de chartes (1896), p. 140.

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