CHAPITRE V
§ 1. — Mort du roi de France.
Charles V avait 43 ans quand il se sentit atteint d'une maladie dont il ne se releva plus. Il était monté depuis seize ans sur le trône de France et il s'était donné pour rôle de panser les plaies sanglantes de la patrie, plaies d'honneur et plaies d'argent, blessures de défaites cruelles et d'invasion étrangère , blessures . de ruines financières et d'amoindrissement matériel. Grâce à ses longs et habiles efforts, le royaume était sur le point de retrouver ses limites naturelles et avait recouvré presque toutes ses provinces : il avait repris son rang séculaire au sein de la chrétienté.
Notre Froissart a bien jugé « ce prince durement sage et soutils, qui bien le montra tant qu'il vesqui. Estant en ses cambres et en ses déduits, il reconquérai tout ce que son prédécesseur avoit perdu dans les «amps, la teste armée et l'espée à la main ^ ».
Au point de vue politique, ce roi pacifique avait réussi dans presque tout ce qu'il avait entrepris pour le relèvement du pays. Mais, sous le rapport ec- ■clésiastique, il avait été moins heureux ; il le sentait et