Auctorem fidei, pr
saurait l'être en théologie, car la puissance spirituelle vient de Dieu par la mission de son Fils et des Apôtres ; elle ne saurait émaner du peuple considéré soit comme source, soit même comme canal.
Gerson soutient encore que le droit de corriger et même de déposer le souverain Pontife est entre les mains de la communauté tout entière et non pas seulement du coQcile général K « Tout fidèle peut demander d'être entendu parle concile, ajoute-t-il, quand il s'agit d'une question qui regarde l'autorité publique .dans l'Église, la foi et les mœurs^. » Occam, plus téméraire encore, avait affirmé que les femmes elles-mêmes ne doivent pas être exclues du concile généraP.
On sait comment le Protestantisme, surtout calviniste, s'empara de ces doctrines et les exagéra en les introduisant dans son système religieux. «Voilà comme on prêche la Réforme, s'écriera douloureusement Bossuet; c'est ainsi qu'on met en pièces le christianisme et qu'on prépare la voie à l'Antéchrist ^. »
On le voit, toutes les erreurs sur la réforme et le régime hiérarchique de l'Église , sur la puissance des conciles, sur la monarchie pontificale, sur les droits des simples prêtres ont leur source dans les théories qui faisaient naître ou qui encourageaient et perpétuaient le schisme. Nous en avons noté les principales manifestations. Nous ne rappellerons pas les opinions de ces énergumènes qui s'écrient : « Après tout, qu'im-
d. De auferibililate Papae, consid. XII, l. II, p. 216.
2. Cf. Sermones in Vigilia Domin. Palmarum, col. 205 (23 mars 1413). ~-. Cf. J. B. ScuwAB, Johannes Gerson (Wurzbourg, 1839), p. 507, en note.
3. Dialogus, 1. VI, c.83. Apud Goldast, Monarchia sancti Romani Imperii, t. II, p. 392.