‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 6 sur 186 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

de réprimer. Toutes les épreuves anciennes de, l'Eglise semblent renaître, toutes les crises futures sont en germe au sein de ce malheureux schisme: qui se prolonge pendant près d'un demi-siècle (1378-1418). ;

Ne nous étonnons donc pas que cette phase his-f torique ait attiré de nos jours l'attention particulière des écrivains était provoqué les recherches les plus approfondies des critiques. Notre époque ne s'est plus contentée des pièces recueillies par certains} annalistes du XVP et du XVIP siècles, que le pré-î jugé a égarés ou que la passion a trop souvent aveuglés. Les savants contemporains ont contrôlèi I tous ces documents, les ont mis en ordre et en œuvre: 1 ont trouvé de nouvelles sources de renseignements : | le temps viendra bientôt où l'on pourra prononcer en pleine connaissance de cause, sur ces questions , jadis si obscures, la sentence équitable et définitive.*

Au cours de ce long et parfois pénible travail] nous avons tâché de ne point perdre de vue la rè-, gle posée par Gicéron et rappelée, il y a près de vingt ans, par Léon XIII : Qiiis nés cit pr imam, esse historiae legem ne quid falsi dicere audeatï deinde ne quid veri non audeat (1) ? La première, loi de l'histoire est de n'affirmer iamais rien dé, faux; la seconde, de ne jamais cacher rien de vrai.]

L'une s'impose à la conscience de tout bonne fce\

(1) De oratore, ii, 15. — De studiis historicis, lettre adressée aux cardinaux Pitra, de Luea et Hergenrother, 1883^

AVANT-PROPOS. xi

'hdraine; Tautre soumet parfois la sincérité de l'histo||*iea à une tentation plus difficile à surmonter. " /Raconter, certaines épreuves particulièrement délicates qu'a subies l'Église notre mère, n'est-ce pÀs mettre à nu des fautes de famille? Il faut savoir le- faire cependant, pour obéir à sa conscience et a|É respect dû à la véridique histoire. S'il y a encore chez les chrétiens des écrivains arrêtés par cet obstacle, persuadés que la vérité religieuse p^eut gagner quelque chose à voiler la vérité historique, nous leur répéterons le mot de l'Evangile : (f; pommes de peu de foi, pourquoi craignez-vous ? » ^'D'ailleurs, le Souverain Pontife lui-même vient âé le redire au clergé de France et de lui rappeler c^p principe de scrupuleuse probité scientifique. : '^ « Dieu n'a pas besoin de nos mensonges, dit-il (1). ^'historien de l'Église sera d'autant plus fort pour faire ressortir son origine céleste, supérieure à tout ordre purement terrestre et naturel, qu'il aura été plus loyal à ne rien dissimuler des épreuves que les fautes de ses enfants, et parfois même de ses ministres, ont fait subir à cette Epouse du Christ dans le cours des siècles. Étudiée de cette façon, l'histoire de l'Église, à elle toute seule, constitue une magnifique et concluante démonstration -de la vérité et de la divinité du Christianisme (2). »

(L) Job, xiii, 7.

(2) Encyclique aux archevêques, évêques et au clergé de France,

xn AVANT-PROPOS.

L'étude de ces grandes crises religieuses, si diiférentes de celles dont nous sommes les témoiiè, laisse pourtant au fond de nos âmes je ne sais quele consolation et quel réconfort. Instinctivenient, nois comparons nos épreuves actuelles à d'autres qii furent plus terribles .

Pascal a dit un mot profond, qui s'applique auî&i bien au commencement du XV^ siècle qu'à la in du XIX^ : « Il y a plaisir d'être dans un vaissem battu de l'orage, lorsqu'on est assuré qu'il ne périki point. » ;

16 juillet 1900. — Université catholique de Lille. Fête de Notre-Dame du Mont-Carmel.

LE

Page 1