‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 66 sur 186 · Chronic. KaroU FZ lib. XY, c S · texte numérisé non relu

Chronic. KaroU FZ lib. XY, c S

c'était un ultimatum que cette lettre. Son irritation redoubla lorsqu'il sut que les docteurs de Paris avaient écrit en même temps aux cardinaux, et que le Sacré- CoUége tout entier se laissait inspirer par cet esprit nouveau ^ . Sa cause était donc perdue ; le siège d'Avignon allait lui échapper pour toujours. C'était exact, mais d'une autre façon qu'il le craignait. En ce moment critique et suprême, Clément sembla vouloir revenir à résipiscence et obéir aux conseils qui lui venaient de toutes parts. Il parut décidé à donner sa démission et s'en ouvrit à plusieurs. Soudain, une indisposition le frappa. Il souffrit pendant plusieurs jours, puis, se croyant mieux, il sortit de sa chambre pour entendre la messe. A peine rentré, il s'affaissa mortellement atteint. Il n'eut que le temps d'invoquer Dieu, la sainte Vierge et le saint cardinal qu'il avait créé, Pierre de Luxembourg : il mourut presque aussitôt 2. C'était le 16 septembre 1394. Le corps du pape fut inhumé en grande pompe dans la cathédrale des Doms ; puis, sept ans après, il alla rejoindre aux Célestins d'Avignon les restes vénérés du bienheureux Pierre de Luxembourg.

Il est assez difficile de porter un jugement équitable sur Clément VIL Son caractère fut aussi complexe que sa vie fut agitée. Issu d'une famille illustre, orné de tous les dons de l'esprit et de l'éloquence, protecteur éclairé des lettres et des arts, il eût pu être, en des temps moins troublés, un pape digne de la tiare, un Colonna ou un Médicis, un Martin V ou un Pie IV.

•1. De BouLAY, t. lY, p. 700.— D'AciiÉiiY, Spicil. I, "83.— Bibl. Nat. Paris mss. lat. 1463, p. 98», d,i643, f° i»4.

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