EnRLE, p. -506. — TsciiACKERT, Peter von Ailli, p
3. Lettre de P. d'Ailly au'roi, 6 juin 1394 (Denifle, Chartuï., t. HI, p. G20, C2-i). — Letlre de Clément VU àPierre d'Ailly (ibid., 483 et 483). — Lettre de B. Alaman à d'Ailly à propos de son traité de scismate {ibid., p. GOO). — Lettre de d'Ailly à Henri de Langenstein et réponse de celui-ci {ibid., p. 03").
4. Ms. de la Bibl. de Cambrai, n" 531, f. 203 verso. — Tscbackert pense à tort que ce discours fut prononcé pendant l'ambassade dont d'Ailly fut de nouveau chargé en 1398 {Peter von Ailli, p. 333). Mais l'orateur dit
L'habile ambassadeur, dans un style que le goût moderne trouverait quelque peu ampoulé, adresse d'abord au Pape des compliments prophétiques que l'avenir devait peu justifier. Il espère la fin du schisme, grâce à la bonne volonté, à la puissance et à la science de Benoît. Il salue d'avance l'aurore de la paix et de la réforme de l'Église.
D'Ailly parle ensuite au nom du roi des Romains, Wenceslas; mais dans ces discours nulle mention de la voie de cession. Était-ce qu'en ce moment il jugeait plus convenable de réserver ce sujet délicat pour les entretiens particuliers qu'il aurait avec Benoît? Etaitce qu'il lisait déjà dans la pensée secrète du pape et commençait à douter de sa sincérité ^ ?
Quelle fut la réponse de l'adroit pontife? Il paraît bien qu'elle fut simplement dilatoire et que d'Ailly ne reçut pas d'assurances positives. En effet, de retour à Paris, l'ambassadeur, après avoir rendu compte au roi de sa mission secrète, parut au sein de la grande assemblée du clergé tenue à l'hôtel royal de Saint- Paul, le premier février 1395. Pierre d'Ailly préconisa encore hautement la voie de cession comme la plus ex-
que le schisme dure depuis seize ans, donc ce document date de 1394. Ce ms. avait déjà été remarqué à Cambrai par Pertz (Arcftiî),vnr, 431), dos avant 1843.
1. Nous rencontrons dans ce ms. des traces de ces concetli qui sont fréquents dans les œuvres oratoires de cette époque. D'Ailly dit au Pape : « Fiet pax ista vera utique et perfecta si sit misericordia in affectu quantum ad inchoationis ingressum, si sit veritas in effectu quantum ad raediationis progressum, si six. justitia in profectu qwaxil.yxva. ad consummationis egressum. » Mais nous n'y trouvons point de mention de la voie de cession. Nous sommes sûr cependant qu'il en parla à Benoit, car le duc de Bourgogne fit allusion à cette communication en i398, lorsqu'il s'agit de nouveau de la soustraction d'obédience. Mais le duc se trompe quand il affirme que cette requête fat faite en plein consistoire. Cf. Choix de pièces inédites, par Douet-d'Arcq, t. I, p. 145.
péditive, la plus simple et la plus avantageuse ^ . La réunion l'approuva , et le lendemain, quatre-vingt-sept prélats, sur cent-neuf membres, se prononcèrent pour le même moyen. Ils émirent un avis semblable dans l'instruction donnée aux messagers que le roi avait l'intention d'envoyer en Avignon. « Si le Pape veut accepter ce moyen, ajoutent-ils, il sera nécessaire d'avertir les princes qui sont de l'obédience du pontife de Rome avant de prévenir l'intrus Boniface lui-même. S'il refuse, les souverains auront contre lui un excellent recours : ce sera la soustraction d'obédience^ ».
Hélas! c'est contre l'obstiné Benoît, et non contre Boniface, que le clergé français allait bientôt devoir appliquer cette mesure de rigueur. L'ambassade solennelle qui allait partir pour Avignon était composée des ducs de Berry et de Bourgogne, du duc d'Orléans, frère du roi, ainsi que d'une brillante suite de seigneurs et de maîtres de l'Université. Le 21 mai, les délégués arrivèrent à Villeneuve-lez- Avignon, et dès le lendemain ils furent reçus par le pape avec une bienveillance apparente. Benoît se défiait déjà des conseils qu'il pourrait recevoir de Paris. Aussi lorsque, plusieurs jours après, l'ambassade se permit de lui de-mandér à nouveau le texte du serment que le futur pape avait prêté avant le conclave comme les autres cardinaux, le pontife s'y refusa d'abord. Vivement pressé par les députés, il finit cependant par consentir, à le laisser copier ^.
i. Chronic.KaroU VI lib. XV, c. 11. — Cf. Hefele, Histoire des Conciles, t. X, p. 87. — Jarry, Louis de France, p. 131.