Chronic. Karoli F/lib. XIX, c. 12; lib. XX, c
3. Le récit du moine de Saint-Denis ne laisse deviner qu'une partie de la vérité. La vraie physionomie de cette assemblée se trouve dans la lettre qu'un clerc attaché vraisemblablement aux cardinaux dissidents écrivit de Paris à un des membres du Sacré-CoUége restés en Avignon, Eqrle, p. 41.
Le roi commença par réclamer des subsides pour subvenir aux frais qu'occasionnait l'affaire de l'union de l'Église. Les prélats accordèrent la décime exigible de tous les bénéficiers et même des monastères exempts; mais ils demandèrent en même temps que les membres du clergé, et non les officiers du roi, fussent chargés de cette- perception. Les ducs acceptèrent cette proposition, tout en faisant observer que la somme ainsi obtenue ne serait pas suffisante. De plus, et peut-être comme compensation, les prélats abolirent de leur propre chef toutes les dettes dont ils étaient redevables à la Chambre apostolique ainsi que toutes les expectatives, qu'elles émanassent de Clément ou de Benoît. Les cardinaux protestèrent avec énergie, mais sans succès. L'Université se montra particulièrement ardente pour réclamer en faveur de ses suppôts. Plus de mille d'entre eux se trouvaient sur les listes de bénéfices présentées au pape {rotiili). Chaque jour, c'était de leur part de nouvelles demandes bruyantes et insolentes au sein de l'Assemblée. Certains prélats, honteux autant que désolés, quittèrent la réunion avant qu'elle eût pris fin ^ .
Somme toute, on ne traita dans cette Assemblée que de questions matérielles. Le prestige et l'autorité du clergé n'y gagnèrent rien. Les prétentions royales augmentèrent en proportion directe des capitulations épiscopales. L'ambition des princes et la cupidité des courtisans ne connurent plus de bornes ^.
De plus, le sentiment religieux commençait à s'inquiéter du traitement qu'on continuait à infliger à celui que la majorité des Français considérait encore comme