Ibid
3. Martène et Durand, Thésaurus, t. II, col, 1268. — Ehrle , p. 449 et suiv.
LA RESTITUTK'N D'OBÉDIENCE. 197
rer les ruines qu'ils avaient faites dans le château des Doms.
S 2. — La question de l'obédience.
A Paris, l'heureux succès de Benoît produisit les mêmes résultats de pacification. Le roi et les ducs n'étaient pas fâchés au fond de cette solution donnée à une situation qui les embarrassait plus qu'ils ne -voulaient l'avouer. Le Pape d'Avignon envoya à la cour deux cardinaux qui ne lui avaient pas toujours été aussi favorables : nous connaissons Guy de Malesset et le cardinal de Saluées. Admis à l'audience royale, le 25 mai, ]e premier prit la parole et attaqua avec autant d'éloquence que de vigueur la soustraction d'obédience : « Tant qu'elle durera, ajouta-t-il, vous ne pourrez rien faire pour l'union. Bien que cette mesure ait été prise pour faire fléchir l'obstination coupable de Benoît, elle a été trop légèrement décidée. J'en demande la modification, sinon l'annulation. »
Ces paroles étaient graves, elles réclamaient une Orientation nouvelle de la politique religieuse de la France; elles allaient l'obtenir, mais non sans délai. Le roi répliqua au cardinal qu'il avait convoqué à ce sujet tous les évêques du royaume et qu'eux-mêmes donneraient la réponse. Guy de Malesset n'aurait pu parler aussi ouvertement s'il n'avait été sûr que l'opinion publique était préparée à ce revirement et à cette sorte de coup d'État.
Gerson, en effet, s'était réjoui de la délivrance de Benoît et, dans une phrase originale, il l'avait comparé à Jonas sortant de la baleine * . L'évêque de Cambrai,