Chronic, lib. XXVI, c
marches plus ou moins sincères afin de montrer son désir d'arriver à l'union. Déjà il avait fait demander au Pape de Rome des sauf-conduits pour que ses nonces pussent descendre en Italie, celui-ci les refusa. Puis il avait annoncé son dessein d'aller lui-même trouver son rival à Viterbe pour s'entendre avec lui, et il demanda au roi Charles de lui envoyer comme garde d'honneur quelques princes de sa cour : le souverain accepte et députe le duc de Bourbon. Benoît, pour payer les frais de cette démarche, impose de nouveaux décimes sur les biens du clergé français ; le clergé s'acquitte sans trop de réclamations, persuadé que l'union est proche^.
De nouveau, le Pape d'Avignon réclame d'Innocent VII un sauf-conduit ; celui-ci s'obstine aie refuser, sous prétexte que les projets de son compétiteur n'offraient rien de sérieux ^.
Mais Benoît déploie plus de zèle à mesure qu'il voit son rival témoigner plus d'indifférence. Il demande à la République de Gênes des galères en nombre suffisant pour le transporter à Rome ^. Mais on perd du temps, la peste se déclare dans la ville et sur toute- la côte ; le Pape en est réduit, pour l'éviter, à errer sur son navire de Gênes àSavone, de Savone à Monaco, de Monaco à Nice, enfin de Nice à Marseille. C'est en cette dernière ville qu'il convoqua un concile général de son obédience pour la Pentecôte de l'année 1407.
§ 4. — Vives discussions à Paris.
Sur ces entrefaites, le pape d'Avignon envoya dans
\. Chronic, lib. XXVI, c. 1. — Mautène et Duiund, Veterum Scrîpt. t. VU, col. 686.