‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 100 sur 182 · Timbre : Air du Marais · texte numérisé non relu

Timbre : Air du Marais

Charny rit de les larmes *. j

Tu passes pour infâme Chez la nymphe Chalais, Va le pendre au Marais.

Le comte de Soissons fut mieux accueilli. Ce jeune prince du sang que nous avons vu quelque peu compromis dans Taifaire de Chalais avait jugé à propos, après Tavortement du complot, d'aller en Italie sous prétexte de santé. Mais il revint après un court exil; et Richelieu, qui ne désespérait pas de lui faire épouser M"' de Combalet, parut lui rendre toutes ses bonnes grâces. Louis de Bourbon, comte de Soissons, était bien fait, mais d'une fierté si outrée, même vis-à-vis des femmes, que M"* de Senneterre-, vieille amie de sa mère, lui disait plaisamment : « Au pays de Dame, il n'y a point de princes. » Cette conquête avait de quoi flatter la vanité de M""® de Chalais; les chansons insinuent qu'elle n'y fut pas insensible, qu'elle en fut même très fière; et il est à croire que, par haine du cardinal, elle ne contribua pas peu à empêcher le prince d'épouser M"** de Combalet. 11 était fort épris d'elle et, pour ses beaux yeux, faillit s'aliéner la noblesse : il fit bâ-

1. M. de Roquelaure, cet impertinent fieflfé, ne réussit pas mieux auprès de M™* de Charny, si Ton en croit ce daye, dan,

^^® • Pour l'incomparable Charny,

Roquelaure dit qu'il meurt d'ennuy De n'avoir point livré bataille Daye, dan, daye.

Cependant, M™* de Cliarny n'avait pas un très bon renom : « Boisset et la Charny ne lèvent plus leurs jupes. » (Les Contreveniez. )

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