‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 99 sur 182 · Louis de Marillac · texte numérisé non relu

Louis de Marillac

potence, accepta, pour avoir la vie sauve, de remplir son office ; mais ce bourreau improvisé manqua de "Courage pour son horrible besogne : son bras tremblait. Le premier coup ne fit que blesser le malheureux Chalais à Tépaule : « Cette arme ne vaut rien ! » -dit le soldat en jetant la large épée ; et on lui porta sur rheure la doloire d'un tonnelier. Il s'y reprit h trente-deux fois pour abattre cette tête jadis si fière ; au vingtième coup, la triste victime gémissait encore : « Jésus Maria ! » et le peuple grondait autour de Téchafaud . Sa mère, de la vaillante race des Montiuc, avait voulu raccompagner ; elle assista son enfant dans son effroyable agonie , et quand on la fit descendre, mourante elle-même, de Téchafaud : « Merci, mon Dieu, dit-elle, je suis la mère d'un martyr! »

Sa femme, la toujours belle M"* de Chalais, ne manqua pas de consolations, et il semble qu'elle les ait acceptées * ; peut-être les infidélités du « beau Chalais » avaient-elles tempéré ses regrets. M. de Vineuil, secrétaire du roi, ne paraît pourtant pas avoir été fort bien traité ni par elle ni par sa belle-sœur, M™' de Charny, comme elle une des plus jolies femmes du Marais; ce marquis de Vineuil — Ardier de son nom et nullement marquis — était fort répandu dans le monde et fort

^ ' Vineuil, ton feuille morte 2,

Montre Ion désespoir !

A l'une et lautre porte On ne peut plus te voir :

1. « M'"^ de Chalais vit en grand chasteté ». (Les Contreveritez.)

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