Charles de TAubespine, marquis de Châteauneuf
4. Le maréchal avait épousé une petite parente, mais fort éloignée, de la reine; elle s'appelait Médicis comme elle et
assumer Todieux d'une rupture avec elle ; au contraire, il lui fait à plusieurs reprises demander la paix par son ami le président de Verdun, par Bonneuil, Tintroducteur des ambassadeurs. Rien n'y fait. Verdun dit à la reine qu'il a vu pleurer le cardinal en apprenant l'insuccès de ses démarches : « Quoi d'étonnant ! il pleure quand il veut! » dit-elle. Bonneuil lui peint l'abattement du ministre; elle lui répond: « C'est un comédien ! » Près d'un mois s'écoule durant ces pourparlers, et, tout à coup, une détente semble se produire ; Marie de Médicis s'adoucit, et le cardinal de se méfier, non sans raison : il va se trouver en présence d'une formidable cabale.
Dans leur commune haine, les deux reines se sont unies: Anne d'Autriche a ^entraîné Monsieur qui, de son côté, a de vieux comptes à régler avec le cardinal; et le duc de Guise S beau-frère de Gaston, a suivi ; il ne reste au cardinal d'autre appui — appui bien précaire — que celui du roi, de ce roi qui ne Taime pas, qui le garde contraint et forcé, qui a donné à Lyon sa parole royale de le congédier — après la paix, il est vrai.
Aussi, le 11 novembre au matin, la reine mère décide d'en finir. Elle va trouver le roi, le somme impérieusement de tenir sa promesse, et, comme
Catherine, absolument comme la femme de Henri II. Ce mariage avait fait la fortune de MJirillac.
3. Henri de Lorraine, dernier duc de Guise. M"* de Montpensier, femme de Gaston, était la demi-sœur du duc de Guise. Leur mère, Henriette-Catherine de Joyeuse, avait été mariée en premières noces à M. de Montpensier, en secondes noces au fils du Balafre.
le cardinal survient, elle ne garde plus démesure devant lui. Dans une scène d'une violence inouïe, elle lui jette ses griefs h la face ; elle étale devant son fils impassible toutes ses rancunes. En vain, le cardinal essaie de se justifier, de Tapaiser. Le roi ne dit toujours rien. Hichelieu énervé, lassé, se voit perdu et prend les devants : plutôt que d'être une cause de discorde dans la famille royale,, il va se retirer, il y consent sur Theure ; il improvise même un semblant de cabinet où il met des^ nullités, comme Saint-Chaumont* ; mais, sans rien conclure et fort ennuyé, le roi... court chassera Versailles où on l'attend ! ! !
La cabale est victorieuse et triomphante ; on respire enfin : le cardinal est bien à terre cette fois. Marillac lui succédera; les créatures de la reine, les mécontents se préparent déjà pour la curée ; on fuit Richelieu ; en un instant, le vide s'est fait autour de lui, et il se laisse aller au suprême découragement ; il a assez de la lutte, il s'abandonne. Cependant deux ou trois amis lui sont restés fidèles ; le cardinal de La Valette, Bullion, M. de Rambouillet lui insufflent une nouvelle énergie : en somme, le roi n'a point pris de décision ; étant donné son caractère, un revirement est encore possible; le ministre doit donc lutter, lutter jusqu'à la fin, car tout n'est point encore perdu. Ils le persuadent et Richelieu renaît à Tespoir. Tandis qu'il ira trouver le roi à Versailles où il plaidera sa cause, seul à seul, et la