‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 108 sur 182 · Claude Bullion, seigneur de Bonnelles · texte numérisé non relu

Claude Bullion, seigneur de Bonnelles

3. Charles d'Angennes, marciuis de Rambouillet et de Pisani peur sa femme.

l'argent qu'elle voulait pour ses fantaisies, pour ses constructions* : elle exigeait le pouvoir, la participation à la conduite des affaires ; et c'était là peut-êlre ce qui froissait le plus Louis XIII, fort ombrageux quand il s'agissait des prérogatives royales et des atteintes à son pouvoir. Le roi était las des tentatives de sa mère pour usurper quelques bribes de ce pouvoir ; il le fut encore plus des ennuis qu'elle lui causait, de ses intrigues et de ses querelles, toutes choses que le cardinal envenimait à plaisir; si bien que Louis, pour être tranquille, invita la reine à quitter la cour, l'exila presque à Gompiègne. Là, ne se trouvant pas à son aise pour intriguer, se sentant très surveillée et avec quelque malveillance, elle eut l'idée malheureuse de fuir à l'étranger : elle n'en devait pas revenir ; et l'on prétendit que le cardinal avait eu l'habileté de lui faire conseiller cette suprême maladresse. Elle se réfugia donc à Bruxelles, où elle pensait avoir plus de liberté pour comploter contre le cardinal. En effet, la reine d'Espagne, sa fille, lui servait très régulièrement une pension de 12.000 écus mensuels; elle pouvait donc vivre en reine et « brouiller » à loisir; Bruxelles devint ainsi, grâce à elle, un foyer d'intrigues antifrançaises ; elle fit en outre, Le Coigneux et Puylaurens aidant-, sortir de France son fils

Page 1