Michel Particeili, seigneur d'Esmery
RÉSISTANCES, IiNTKlGUES ET COMPLOTS 195
lui faisant supprimer, sous prétexte d'économies, les cent mille livres de pension annuelle que les Etats de Languedoc accordaient au gouverneur. 11 est facile de concevoir l'exaspération de Montmorency. Gâté comme il l'avait été de tout temps, il supportait mal d'être ainsi traité ; il était mûr pour la révolte, et c'est avec quelque raison que sa sœur, la princesse de Gondé \ a, toute sa vie, haï d'Esniery, l'accusant d'avoir causé la mort de son frère.
A ce moment (1631-1632), Gaston, nous l'avons vu, conspirait en Lorraine; il y préparait laguerre civile, réunissait des troupes et des subsides, groupait les mécontents; Montmorency était du nombre. Aux ouvertures du prince, il répondit qu'il le recevrait volontiers dans sa province, même s'il y venait avec son armée; et il convoqua la noblesse du Languedoc, qui répondit à son appel.
Il se révoltait donc, à main armée, contre l'autorité royale; ce fut là son crime. Gaston traversa la France avec ses troupes et rejoignit le duc. On sait le reste, et comment, pris les armes à la main au combat de Castelnaudary, Montmorency fut amené, jugé et condamné à Toulouse ; comment enfin, dans la petite cour du Gapitole^, sa tête vint rouler aux pieds de la statue de Henri IV, son parrain. Ce qu'on sait moins, c'est l'étrange lâcheté de Gaston en cette circonstance; il aban-
i. Charlotte de Montmorency.