L'hôtel (le ville de Toulouse
donna Montmorency sur le champ de bataille, sans combattre, sans rien faire pour le sauver, alors qu'il Teût pu fort probablement. Dans ses ilfemoiV^5, le duc d'Orléans essaie bien de se laver de cette tache; mais ses misérables arguments ne tiennent point contre les faits et sa honte reste entière K
M. de Schomberg commandait Tarmée royale, petite armée s'il en fut, et fatiguée par des marches forcées; mais, par une habile manœuvre et grâce à l'incapacité de ses adversaires, il l'avait placée dans une situation très forte. Un ruisseau profondément encaissé, le Fresquel, la séparait de Tarmée des rebelles, et ceux-ci ne pouvaient franchir cet obstacle naturel que par le pont du chemin qui menait à Castelnaudary. Ce pont assez long et très étroit eût pu facilement être balayé par le canon, mais Schomberg n'avait même pas d'artillerie comme ses adversaires. L'armée royale couvrant la ville était rangée en bataille sur un petit plateau qui dévalait vers le ruisseau par une pente assez douce, mais coupée de nombreux obstacles — fossés, haies et talus — fort gênants pour la cavalerie. Avec sa vivacité ordinaire. Montmorency voulait attaquer; Gaston, toujours hésitant, y voyait trop de risques. Soit qu'il pensât vaincre cette indécision en entraînant Tarmée, soit qu'il fût désespéré par l'attitude molle du prince avec qui il venait d'ailleurs d'avoir une discussion violente, le duc fit une pure folie.
i. « Monsieur parle souvent de Castelnaudary ». (Les Contrevéritez.)
Il eût voulu se faire tuer (et peut-être était-ce là son intention) qu'il n'eût point agi autrement. A la tête d'une centaine de cavaliers, il avança sous le feu de la mousqueterie et courut sus à Tennemi, sans s'apercevoiç, dans son impétuosité, que le gros des cavaliers, moins bien montés que lui ou décimés par le feu de l'infanterie royale, ne pouvaient suivre. Il s'enfonça dans les lignes ennemies renversant tout sur son passage, jusqu'au moment où son cheval, blessé, s'abattit. Couvert de blessures lui-môme, étouffant sous son buffle, il se fit reconnaître et il fut fait prisonnier par Saint-Preuil *, ce même Jussacde Saint-Preuîl qui devait, quelques années après, être, lui aussi, décapité à Amiens, grâce aux bons offices de LaMeilleraye et de de Noyers.
Il n'y eut donc pas de bataille, mais un combat où très peu de monde périt, comme on peut voir dans le compte rendu envoyé au roi par Schomberg et que publia le Mercure de France de l'époque. Toutefois un fils de Henri IV, ce jeune comte de Moret, que nous avons vu gaillardement suivre les traces du Vert-Galant, y disparut : une légende du pays veut que, très gravement blessé, il soit allé mourir au monastère des dominicaines de Prouilhe, à quelques lieues de là.
Après la prise de Montmorency, Gaston ne bougea pas : il avait pourtant une armée de moitié plus forte au moins que celle de Schomberg, d'excellentes troupes et quelques canons; sesofli-