‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 127 sur 182 · Abraham Fabert, plus tard maréchal de France · texte numérisé non relu

Abraham Fabert, plus tard maréchal de France

montrait plus d'assurance que jamais; où la puisait-il? elle parut suspecte à Richelieu ; et, certains indices, certaines imprudences aidant, il acquit la certitude qu'un complot se tramait. Il ne se trompait pas.

A lasuitede pourparlers antérieurs au départde Saint-Germain, M. le Grand, Gaston d'Orléans, le duc de Bouillon et probablement la reine Anne s'étaient entendus pour traiter avec l'Espagne et obliger le roi à chasser son ministre. Les Espagnols devaient envahir le nord de la France. M. de Bouillon, maître de Sedan, les y aiderait. Cette diversion eût arrêté les progrès de la France en Catalogne. En revanche, les Espagnols promettaient tout leur appui aux conjurés pour la réalisation de leurs désirs touchant la politique intérieure et leur donnaient des garanties en cas d'insuccès. Les signatures furent échangées^ : Fontrailles — qui, déguisé en capucin, était allé pour cela trouver à Madrid le premier ministre d'Espagne, le comte duc d'Olivarès — en avait rapporté le traité signé, à Narbonne, au moment môme où la cour y arrivait.

Fontrailles, grand ami de Cinq-Mars, fut l'agent le plus actif de ce complot, et sa haine violente contre Richelieu n'y nuisit point; voici la singulière origine de cette haine : Louis d'Astarac, vicomte de Fontrailles, avait été gratifié par la nature d'une double gibbosité ; le malheureux était bossu par devant et par derrière. Les bossus sont,

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