‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 131 sur 182 · Louis Chasteigner de La Roche-Posay · texte numérisé non relu

Louis Chasteigner de La Roche-Posay

<iun, OÙ la population le reçut en triomphe, et Grandier n'eut pas le triomphe modeste, ce qui exaspéra ses ennemis : il eut l'imprudence de disputer aux capucins la direction spirituelle du couvent des Ursulines; il eut le tort de courir les bonnes fortunes : « il y eut de la galanterie dans son fait », de la jalousie aussi; et sa liaison avec la belle Madeleine de Brou ne fut peut-être pas un des moindres motifs de sa condamnation. Il amassait comme à plaisir sur sa tête un orage formidable ; les esprits s'échauffèrent fort à Loudun : il y eut des discussions violentes, des rixes; un capucin fut même tué.

Pour la perte du curé, il se déclara au couvent des Ursulines une épidémie de possession démoniaque. Au moyen âge et alors encore, il n'y avait pas de milieu: les hystériques étaient ou des saints ou des possédés. Si la maladie tournait à Térotisme mystique et religieux, on n'avait trop d'égards, trop de vénération pour les malades; leurs visions, les fantaisies angéliques que leur inspirait l'autosuggestion les transformaient en êtres favorisés de la Divinité, on les vénérait comme de saintes personnes. Si, au contraire, leur mal présentait un caractère grossier et ignoble, on les traitait en possédés, en suppôts de Satan. Les Ursulines de Loudun ne se rangèrent précisément pas dans la catégorie des saintes : elles crachaient du latin fort mauvais et des inj urès fort grossières * . Les ennemis de Grandier l'accusèrent de malé-

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