‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 136 sur 182 · Timbre : La, ut, ré, mi, fa, sol · texte numérisé non relu

Timbre : La, ut, ré, mi, fa, sol

Mais, dans le beau discours, Que fait de vos amours Cette pauvre abusée, Elle manque en ce point :

Cest qu'elle ne dit point Vous avoir refusée !

Aussi Ton juge bien Qu'il n'y va point du sien Guère moins que du vôtre ; Et le bruit est trompeur Ou Tune aura bien peur Quand on brûlera l'autre !

Il y allait en effet du bûcher tout simplement, comme le disent la chanson et La Moussaye; la loi était formelle; mais la justice n'osait s'attaquer aux grands personnages : elle réservait toutes ses rigueurs pour de pauvres diables. Il fallait des exemples : un malheureux, nommé Chausson, fut brûlé en Grève pour avoir trop aimé un page <lu prince de Conti; Tinstituteur Vigeon eut le même sort, et celui-ci n'était guère plus coupable que Bonnelles : il préférait les poules aux chèvres, c'était toute la différence. Le chevalier de Rivière et Blot s'amusèrent à composer sur la mort de ces malheureux de belles complaintes qui firent les délices des ruelles. Louis XIV devait être plus doux pour Brunet, l'ami de Lulli; il se contenta ■de l'enfermer à Saint-Lazare.

Il paraît dès lors moins extraordinaire que Louis XIII ait payé son tribut aux tristes mœurs du milieu où il vivait, mais il semble aussi que Cinq-Mars ait fort impatiemment supporté le vilain rôle que e cardinal lui avait donné.

Quant à la simple galanterie, ce fut la grande h affaire du temps : la belle saison retenait d'ordi-

I naire les gentilshommes h la guerre ; Thiver les ra-

\ menait à Paris; ils y reprenaient, dans leur désœu-

V vrement, le cours de leurs inlrigues amoureuses ou

• : en ébauchaient de nouvelles. Aussi au xvii* siècle,

la femme règne-t-elle en maîtresse souveraine; partout son influence se fait sentir, en bien comme en mal. Les poètes la chantent à Tenvi; elle inspire les belles actions, les vilaines aussi ; Tin- :f trigue politique ne lui déplaît pas, parfois elle er

'\ est l'âme. C'est pourquoi, dans le tableau que nouî

f ébauchons de cette époque, quelques figures d(

f grandes dames et de très grandes dames galantes

■; méritent-elles de fixer un inslant notre attention

Page 1