René de Cordouan, marquis de Langeais
LES MŒURS, Là GALANTERIE ET LES PRÉCIEUSES 273
l)ien faite, jolie, avait un teint merveilleux et une chevelure dorée plus merveilleuse encore qui, jointe à sa vivacité, lui valut d'être surnommée la Lionne. Elle dansait à ravir, jouait du luth et chaulait à faire « crever les rossignols de dépit ». La mère était coquette ; le père, justement vaniteux de sa fille : toute la cour fréquenta chez eux et les galants vinrent en foule. Trois des frères de •Guise en furent successivement amoureux; le duc, le premier, se vanta d'en avoir été bien accueilli; mais il passait pour le plus grand menteur et le plus grand fanfaron du monde*. La cour du cadet, M. de Chevreuse^, fit plus de tort à la belle Angélique : elle eut Timprudence d'accepter de lui des bijoux de grand prix, et cela la décria. Le chevalier de Guise 3 lui fit, après ses aînés, une cour fort assidue. Lors du fameux ballet de la reine mère, où Henri IV s'éprit de M"'' de Montmorency^, «lie chanta à merveille et fit sensation ; le roi ne -cacha point son admiration pour la belle chanteuse, et, le jour où il fut assassiné, il devait, <iit-on, passer chez elle avant d'aller à TArsenal. De Bellegarde^, son frère M. de Termes^, le jeune