‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 144 sur 182 · René de Cordouan, marquis de Langeais · texte numérisé non relu

René de Cordouan, marquis de Langeais

LES MŒURS, Là GALANTERIE ET LES PRÉCIEUSES 273

l)ien faite, jolie, avait un teint merveilleux et une chevelure dorée plus merveilleuse encore qui, jointe à sa vivacité, lui valut d'être surnommée la Lionne. Elle dansait à ravir, jouait du luth et chaulait à faire « crever les rossignols de dépit ». La mère était coquette ; le père, justement vaniteux de sa fille : toute la cour fréquenta chez eux et les galants vinrent en foule. Trois des frères de •Guise en furent successivement amoureux; le duc, le premier, se vanta d'en avoir été bien accueilli; mais il passait pour le plus grand menteur et le plus grand fanfaron du monde*. La cour du cadet, M. de Chevreuse^, fit plus de tort à la belle Angélique : elle eut Timprudence d'accepter de lui des bijoux de grand prix, et cela la décria. Le chevalier de Guise 3 lui fit, après ses aînés, une cour fort assidue. Lors du fameux ballet de la reine mère, où Henri IV s'éprit de M"'' de Montmorency^, «lie chanta à merveille et fit sensation ; le roi ne -cacha point son admiration pour la belle chanteuse, et, le jour où il fut assassiné, il devait, <iit-on, passer chez elle avant d'aller à TArsenal. De Bellegarde^, son frère M. de Termes^, le jeune

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