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le jeune roi et lui faisaient ensemble voler la piegrièche aux Tuileries quand le temps n'était pas favorable à la grande chasse. Luynes fut premier ministre, connétable, duc et pair; ses deux frères devinrent, l'un duc de Chaulnes, Tautre duc de l*iney-Luxeni bourg.
D*Êsi)lan n'était pas maladroit non plus ; Luynes,. jaloux et plus avisé, Téloigna; d'Esplan n'en eut pas moins le marquisat de Grimault.
Saint-Simon aussi était un excellent veneur: il fut le grand ami du roi ; et son rôle à la Journée des Dupes lui valut la duché-pairie, le gouvernement de Blaye,etc., etc.
Mais on ne peut chasser tout le temps : le roi apprit pour se distraire de nombreux métiers. Il savait fondre de petits canons, monter des arbalètes, tendre des pièges, faire des filets; Louis XIV enfant donna au jeune Brienne une jolie petite arquebuse forgée par les mains royales de son père.
Tout cela se rapportait encore à la chasse, mais Louis Xlll montra beaucoup d'autres aptitudes: il coulait de la fausse monnaie, singulier amusement chez un roi. Il en eut de plus singuliers encore : il faisait d'excellentes confitures, et la noirceur de son poêlon lui rappelait la noirceur d'âme de Cinq-Mars ; il lardait merveilleusement les longes de veau, il se servait à la vérité d'une lardoire de vermeil. Un jour, il s'établit barbier et rasa tout de go ses officiers, ne leur laissant au menton qu'un toupet de barbe qu'on appela Ici- Royale, Des Réaux nous a conservé une belle-
LE ROI ET SON FRÈRE 28i*
chanson sur ce sujets Pendant un temps, il s'adonna au jardinage, non sans habileté; ayant obtenu des petits pois très hâtifs, il les fit porter au marché et... ne les mangea pas moins; le richissime financier Montauron les acheta fort cher pour faire sa cour-, puis en fit cadeau à Sa Majesté, ce qui lui fut très agréable. Enfin, après la mort de Richelieu, on le croyait à Saint-Germain fort occupé des afl'aires d'Etat avec M. de Noyers, et ils s'enfermaient des heures entières pour faire... des châssis. Ce fut là son dernier métier, mais peut-être en avons-nous omis.
Il avait du sens cependant et donnait parfois d'excellents avis aux ministres ; mais il devait pour cela surmonter sa paresse, ce qui n'arrivait qu'en de rares et graves circonstances, lors de la panique de C4orbie, notamment.
11 ne mianquait pas d'esprit non plus, mais il était taquin, médisant et parfois grossier. Nous donnons un fort joli échantillon de cette grossièreté à propos de M"* de La Fayette ; il avait fait encore une chanson gaillarde dont nous n'avons su retrouver que le refrain suggestif :
Semez graine de coquettes Et vous aurez des cocus !
Enfin il était musicien à ses heures, et bon musicien pour le temps; il avait même des idées