‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 162 sur 182 · A la prime, probablement · texte numérisé non relu

A la prime, probablement

Ce fils de saiat François qu'un zèle immodéré

De servir au public a du couvent tiré,

El qui, dans les grandeurs dont son espoir le flatte.

Ne pense qu'à changer sa bure en écarlate ;

Du même esprit de Dieu dont il parle aux bigots

Traite avec les Anglais, les Danois et les Goths;

Comme un nouveau saint Paul, de son siècle Tapôtre,

Se fait juif ou gentil pour gagner Tun et Tautre.

Il s'accorde à Luther parmi les protestans,

Révère Mahomet chez les mahomélans.

Et, brouillant tout ensemble, enferme en sa capuce

L'Alcoran, l'Evangile et la Loi du p

Sans avoir autre objet que la gloire de Dieu, Le salut de l'Etat, l'honneur de Richelieu.

Le P. Joseph arrive aussitôt et le cardinal de^ gémir, de se lamenter sur nos frontières menacéeset aussi sur son imprévoyance. Nous avons, dit-il,,

... envoyé nos valeureux guerriers Dépouiller sur le Rhin des forêts de lauriers. Où mon cher compagnon, le brave La Valette, Fait aux combats céder le casque à la barrette ; Le grand maître * a porté sur les rives du Doubs Ses foudres éclatans,et du bruit de leurs coups, La Bourgogne tremblante et de frayeur saisie A cru revoir César devant son Alésie !

Mais, sans aller chercher des victoires si loin. Ces forces maintenant nous feraient grand besoin. Tant de vaisseaux dorés qui flottent dessus l'onde, Dont l'appareil pompeux étonne tout le monde Sous ce digne prélat que révère Bordeaux^, Nous ont rendus seigneurs de l'empire des eaux ; Et menaçant d'abord l'une et l'autre Sicile S'en promettent bientôt la conquête facile.

Mais quoi 1 nos arsenaux de fonte dépouillés, Nos villes sans canons, nos magasins pillés

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