Un des premiers académiciens
•cordialement les Brîssac, fit pour lui complaire trois couplets qui coururent les ruelles :
Pelils Brissacs, chacuQ baise les mains A vos ayeux, les empereurs romains ; El, pour montrer comme la chose va, Il n'est auteur
Qui ne soit serviteur
De Gosseus (.sic) Nerva.
Votre cadet, le prince de Gossé ; Tranche le motet franchit le fossé; El, pour montrer comme la chose va, Ge damoiseau
Dit qu'il a le museau
De Gosseus Nerva.
Petits Messieurs, vous n'avez pas raison De tant vanter votre illustre maison :
De son histoire on sait tout le détail.
Et comme on va
De Gosseus Nerva
Jusqu'à Rocher Portail.
Les plus férus de cette lubie furent le cadet des Brissac qui fit peindre sur son carrosse des armoiries princières, d'où le titre de prince, et notre •excellente maréchale, que Saint-Simon montre « extrêmement glorieuse et folle de sa maison » . Elle cédait le pas à ses sœurs, disant « qu'elle ^vait dégénéré, n'épousant pas un prince » ; elle leur donnait des fauteuils et ne s'asseyait que sur un tabouret, humblement; à l'Arsenal, elle avait fait mettre le titre de prince sous le portrait de fion grand-père dans la Salle des grands-maîtres,
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etc., etc. ; on comprend qu'elle le prit de très haut avec le « petit-fils de notaire », son mari.
Malheureusement on savait leurs origines, et ce n'est point sans malice que Cerizy rapproche ici l'empereur Nerva de leur grand-père, Gilles Ruelland, dit Rocher Portail. Les cinq cent mille livres de dot ^ que ce traitant avait données à sa fille Gilonne en la mariant k M. de Brissac, étaient ses seuls parchemins: et le piquant, c'est que le bonhomme, nullement fier de ses écus, contait à qui voulait l'entendre les souvenirs de sa besoigneuse jeunesse. La première fois qu'il mit des souliers, disait-il, il ne savait plus marcher : voilà qui devait bien réjouir ses glorieux petits-fils! Simple roulier de Saint-Malo, Ruelland avait été intéressé par hasard à la ferme des billots ^ pour la Bretagne ; il y amassa une énorme fortune et établit richement ou noblement ses sept ou huit enfants.
M. de LaMeilleraye, pas plus que les Brissac, ne dédaignait l'argent ; il profita de ses grandes charges pour thésauriser; il avait môme la main assez lourde. Le surintendant des finances Bullion -en rageait : « Supprimez, disait-il, la maison du -cardinal et les dépenses de TArsonal, et je réponds de tout ! » En une fois La Meilleraye aurait présenté un compte de 1.200.000 livres « de vinaigre pour rafraîchir le canon ». La note était raisonnable, « mais, dit Amelot de la Houssaye qui cite le fait, cela passa grâce à Richelieu ». Ces heureuses dispositions à s'enrichir n'empochèrent