‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 27 sur 182 · Impôt sur les boissons · texte numérisé non relu

Impôt sur les boissons

pas plus tard la Régente Anne d'Autriche et Mazarin de lui confier les finances : Mazarin, voleur lui-môme, ne voulut aux finances que des voleurs, d'Esmery, Fouquet. La Meilleraye leur montra un dévouement sans bornes et une constante fidélité. Saint-Simon, qui n'est pas souvent aimable, fait de lui le portrait le plus flatteur, par ouï dire, s'empresse-t-il d'ajouter. Le maréchal était « doux, poli, afi'able, obligeant »; mais Saint- Simon — on le sait — tient en réserve des trésors d'indulgence pour les amis de son père, dont était La Meilleraye. N'en déplaise à Saint- Simon, la vérité est tout autre. Le grand-maître était fort vindicatif : par haine, le dévot de Noyers ^ et lui firent, fort proprement et pour des bagatelles, décapitera Amiens M. de Jussac-, leur bote noire. Dans son gouvernement de Bretagne, il agit en vrai tyran ; les contemporains lui reprochent sa brutalité, son emportement : « Il a fait jeter des gens par la fenêtre » ; mais, à l'occasion, il savait se contenir : Il osa un jour faire mine de lever son bâton sur Gassion encore simple colonel; celui-ci prend tranquillement et sans mot dire un pistolet de ses fontes ; ce geste significatif calma le maréchal incontinent. 11 ne manquait pas de courage toutefois et le prouva en maintes occasions, mais il était très fanfaron, et, le jour des Barricades ses rodomontades faillirent

1. François Sublet de Noyers : « une ùme de valet » fut secrétaire d'Etat au déparlement de la guerre.

2. François de Saint-Preuil, baron de Jussac, le même qui fit Montmorency prisonnier à Castelnaudary.

lui coûter la vie. Quelques années après, Mazarin mourant faisait du fils de La Meilleraye son principal héritier en le mariant à sa nièce Hortense. Enfin, Louis XIV couronna Theureuse carrière du maréchal en le créant duc et pair peu avant qu'il ne mourût.

Grâce à Richelieu et à ses mariages, le « petitfils de notaire » avait tait son chemin.

Quant à sa veuve, elle épousa un parvenu, M. de Saint-Ruth ; mais, pour ne point perdre son rang, cette glorieuse voulut que le mariage restât secret ; cela n'empêchait pas Saint-Ruth de la battre comme plâtre, en dépit de Cocceius Nerva ; et le grand roi lui-môme dut intervenir dans ces scènes de ménage.

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