‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 70 sur 182 · Voir page · texte numérisé non relu

Voir page

estime. Mais, tandis que Ton traitait Saint-Cyran en criminel d'Etat, Jean de Werth jouissait d'une^ liberté presque absolue ; il était môme, on le voit^ convié aux comédies du cardinal. 11 ne put s'empêcher de dire ce jour-là : « Quel étrange pays que celui-ci, où Ton voit les saints en prison et les évoques à la comédie ! »

A ces palinodies, M. de Chartres gagna Tarchevêché de Reims : il n'en fut pas davantage à son aise et mourut gueux. Quand sa sœur, M™' de Puysieux, le vit mourant, elle craignit que la meute de créanciers qui hurlait après lui ne fît main basse sur ce qu'il possédait encore ; elle fît tout vendre, meubles, chevaux, vaisselle plate. On sert au moribond un bouillon dans un bol de faïence ; on lui présente à manger dans des plats de faïence. Connaissant bien sa digne sœur, il se doute de ce qui s'est passé ; et, comme, pour ses nécessités, on lui porte un bassin, de faïence aussi, cela va sans dire, il en use de son mieux; puis le montrant à M""® de Puysieux, contenant et contenu : « Tenez, ma sœur, il ne me reste plus que cela », dit-il, « faites-en votre profit si vous pouvez ! »

Page 1