‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 78 sur 182 · Louis Phelippeaux, marquis, puis duc de La Vrillière · texte numérisé non relu

Louis Phelippeaux, marquis, puis duc de La Vrillière

2. Michel Particelii, sieur d'Esmery. La Vrillière avait épousé sa fille Marie.

médie, le Père avaricieux, ne devait jamais — nous verrons pourquoi — voir les feux de la rampe. Le personnage que visait l'auteur, le président de Bercy, était d'une avarice sordide, légendaire : on chantait, son fils ayant épousé une femme aux cheveux mordorés :

De Bercy Tinfâme ^ Doit à mon avis Bien aimer la femme De Monsieur son fils Car son poil ressemble à la couleur d'un écu ! Lanturlu...

Ce fils — qui d'ailleurs devait devenir aussi ladre que son père — avait été fort « débauché » ; il empruntait aux usuriers et se rencontra un jour avec son digne père chez un entremetteur de prêts usuraires; ils se dirent l'un à l'autre pis que pendre. Boisrobert n'eut garde d'oublier cette jolie scène ; mais le président prit mal la chose, il voulait faire du bruit : « Qu'on lui signifie », disait Boisrobert en riant, « que j'ai un neveu qui tue les gens ; car, pour mon autre neveu, il est renégat et en passe de devenir grand-vizir un de ces matins ! » Ces terribles neveux et son frère ~ d'Ouville faisaient dire à notre héros :

« Melchisédec était un heureux homme

Car il n'avait ni frère, ni neveux ! » (Des Réaux.)

Page 1