‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 98 sur 182 · Louis de Bourbon, comte de Soissons · texte numérisé non relu

Louis de Bourbon, comte de Soissons

cependant, il abandonna lâchement Chalais et ses complices; et, pour n'être pas inquiété, consentit h son mariage. Il sortait de cette affaire déshonoré et, dans Tesprit de Richelieu, désormais impuissant à lui nuire, en quoi le cardinal se trompait. M"*' de Chevreuse fut exilée. Quant k Chalais, il devait ôtre la victime expiatoire.

Son crime sortant du droit commun, le roi nomma pour son procès une commission extraordinaire, et le cardinal en imposa la présidence au garde des sceaux Marillac*. La formation de ce tribunal d'exception était contraire aux usages établis; mais nul n'osa protester et Marillac accepta. Il créait ainsi, sans s'en douter, le précédent qui, six ans plus tard, devait coûter la vie à son propre frère, le maréchal^.

Chalais fut condamné à être appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, à avoir la tête tranchée, le corps coupé en quatre quartiers, ses biens confisqués et acquis au roi. Louis XllI resta sourd à toutes les supplications : la mère du condamné lui écrivit une lettre touchante à laquelle il répondit par une belle dissertation, froide, logique, rigoureusement déduite, où il se défendait de pouvoir faire grâce; sa clémence se borna à réduire la peine en ce qu'elle avait d'infamant et d'inutilement cruel.

Chalais devait donc avoir seulement la tête tranchée; son supplice n'en fut pas moins atroce. Sa mère et ses amis avaient, dit-on, fait disparaître le bourreau de Nantes; un soldat, condamné à la

i. Michel de Marillac.

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