SURPRISE
Le lendemain matin, Gaston de Saint-Preux fil sa ronde habituelle dans les deux enceintes du fort.
Léveillé l’'accompagnait.
Les soldats étaient tous à leur poste; mais leurs traits fatigués, pâlis, indiquaient que les cruelles souffrances de la faim commençaient à les torturer,
Quelques-uns étaient obligés de s’appuyer sur leur fusil pour ne pas tomber. |
La vue de ces pauvres gens si braves, si résolus ef face de la certitude de la mott émut profondémentle cœur de Gaston de Saint-Preux.
Tous le saluaient avec respect quand il passait de vant eux ; pas une plainte ne s’échappait de leurs lèvres.
Le père André avait raison de dire que ces défenseurs du Canada étaient d’admirables soldats.
Tout à coup, au détour d’une palissade, Saint-Preux vit un vieux sergent du détachement s’avancer vers lui.