‹ Le grand vaincu [microforme]Chapitre 12 sur 85 · ER ER RE TEL TT · texte numérisé non relu

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fort Saint-Anne apparut comme une masse noire.

« Le moment est venu, dit alors David Kérulaz en se rapprochant de Saint-Preux ; je vais aller reconnaître la position; dans une heure je serai de retour. » |

En achevant ces mots, 1l jeta sa carabine sur son épaule, fit jouer son couteau dans sa gaîne et se glissa dans les hautes herbes de la prairie qui s’étendait entre les bois et le fort.

Pendant que le chasseur de bisons accomplissait sa périlleuse mission, Gaston de Saint-Preux faisait prendre les armes à son détachement.

Il le plaça en deux rangs derrière les arbres et recommanda à ses hommes de marcher en silence lorsque le moment serait venu et, quoi qu'il arrivät, de ne faire feu qu’à son commandement.

À vingt pas derrière étaient « les bagages », composés de l'unique charrette attelée d’un mulet.

Au bout d'une heure environ, Saint-Preux, qui attendait l'épée à la main en tête de sa petite troupe, vit tou: à coup un homme sortir des hautes herbes et s’avancer vers lui.

C'était le chasseur de bisons. |

« Eh bien? demanda anxieusement le gentil-* homme.

— Tout est calme là-bas, on ne se doute pas de M notre présence, répliqua David d’une voix rapide et Oh haletante. Je vous apporte de bonnes nouvelles. Ki vos hommes savent garder le silence et se dissimuler parmi ces herbes, nous entrerons dans le fort sans ürer un coup de fusil. | — .Comment cela?

asse noire. — Voici... J'étais parvenu à vingt pas environ [AT L

vid Kéralaz M du premier retranchement, lorsque j'ai aperçu de- Al . : " . : É. ct ‘ ‘ ‘4 ais aller re- M vant moi un grand gaillard d'Écossais qui montait si

, je serai de M la garde appuyé sur son fusil. Déjà j'avais tiré mon : " couteau pour obtenir plus sûrement son silence, bine sur son M lorsque j'ai vu marcher dans l'ombre trois ou quatre

07 hommes qui venaient du fort. Ils s’approchèrent de l'Écossais. Je me glissai aussitôt vers eux, car j'avais compris qu'ils venaient relever la sentinelle. Ils

| gaine et ne airie qui S C-

accomplissait É parlaient à voix basse, mais J'ai l'oraille fine et Je -Preux faisait pus entendre le mot d'ordre. Ce mot d'ordre est L Prince-George.

— Dien; après ?

-— Le nouveau soldat prit sa garde et je suivis ussitôt, en rampant dans les herbes, ceux qui enalent de le placer en faction, J'étais curieux de aeages », com- avoir comment ils s'y prendraient pour rentrer mA mulets dans le fort. Arrivé près du fossé derrière lequel Ent-Preux, qui - s'élève la première palissade, celui qui conduisait | petite Loupe. à patrouille s'arrèla ct siffla trois fois doucement. | hautes herbes pont-levis s'abaissa aussitôt, un soldat s'avanca rme au bras, reçut le mot d'ordre et s’effaça our laisser passer la troupe... Veuillez done recom- 1 dhander à vos hommes de marcher en silence et de nl : de suivre. Arrivé près du fossé, je me charge | fil imiter le coup de sifflet des Anglais ct de faire | isser Le pont-levis; le reste vous regardera, — Mais cette première sentinelle qui monte la de à vingt pas du détachement !... »

David Kérulaz posa la main sur la garde de son uieau de chasse :

ja Le soldat écossais? dit-il en détournant les

, les arbres el à her en silence ni qu'il arrivät, ent.

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se doute pas de

voix rapide et nouvelles. Si!

et se dissimuler ans le fort san

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yeux ; soyez tranquille, il ne donnera pas l'alarme... Le pauvre diable !1l chantait un air de son pays! Mais, lorsque la mort d’un seul doit assurer le salut de plusieurs braves gens, on serait fou d’hésiter, n'est-ce pas? Dieu m'est témoin cépendant que je n'aime pas à verser le sang !... »

Le brave David poussa un soupir, puis reprit :

« Je vais marcher devant; vous n’avez me me

suivre

— En avant! » dit Gaston de Saint-Preux à voix basse.

Et la petite colonne, s’ébranlant en silence, entra dans les grandes herbes de la prairie

Les précautions prises par Saint-Preux pour cacher à l'ennemi l'attaque qu'il méditait rendirent

sa marche fort lente.

Ce fut seulement au bout d’une dou que David, s’arrêtant brusquement, montra au gentilhomme français un grand corps étendu au milieu des herbes.

« Le soldat écossais, murmura-t-il ; encore quel ques minutes et nous serons sur le bord du fossé en face du pont-levis. »

On était maintenant si rapproché du fort, ques Saint-Preux put entendre dans le silence de la nui le pas de la sentinelle qui se promenait derrière |: première palissade, de l’autre côté du fossé.

Le fort Sainte-Anne avait jadis été construit pa les Français. C'était une position solide pour ré sister à une attaque de sauvages, mais qui n’aural

pu tenir contre les feux de l’artillerie européenne.

Il se composait de deux rangs de palissades faitesh

nn hamerne | l'alarme. ..

son pays !.….

urer le salut

d'énormes troncs d'arbres reliés entre eux par des chevrons de fer. Au milieu de cette double enceinte, se trouvaient les magasins et la poudrière abrités

u d'hésiter, sous un toit en terre battue qui les protégeait condant que J® tre l'incendie. Une tour carrée, sorte de blockhaus,

construite également en troncs d'arbres, dominait la position. Cette tour contenait les logements des … officiers; c'était comme un observatoire, d’où l'on - © pouvait facilement surveiller l'immense prairie qui

is reprit :

vez qu'à me

-Preux à VOIX se déroulait à perte de vue autour de la forteresse. … Quelques canons y avaient été placés.

silence, ent Malgré le calme et le sang-froid qui le distin-

D gualent, Gaston de Saint-Preux ne pouvait se dé- … fendre d’une émotion singulière.

Encore quelques instants, et, grâce à l’audacieux stratagème imaginé par le chasseur de bisons, le pont-levis allait s’abaisser, ses soldats allaient se précipiter, la baïonnette en avant, au milieu de la arnison endormie, et planter sur les palissades du rt le drapeau fleurdelisé.

Mais celle ruse réussirait-elle? Les Anglais se rendraient-ils à merci ou essaieraient-ils de vendre ièrement leur vie?... S'ils allaient être en éveil, prêts à combattre et supérieurs en noml:e!... Les. l'rançais, entrés dans le fort par surprise, ne troueralent-ils pas un tombeau derrière ces inébran- Dables palissades ?

Saint-Preux nent pas le loisir de poursuivre bien onglemps ses réflexions.

5 David Kérulaz écarta les hautes herbes, se re- Dpressa el marcha résolument vers l’endroit du fossé ù devait tomber le pont-levis.

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