‹ Le grand vaincu [microforme]Chapitre 15 sur 85 · JACKSON LE VIRGINIEN · texte numérisé non relu

JACKSON LE VIRGINIEN

Les jours qui suivirent furent employés par aint-Preux à réparer les brèches que l'explosion avait faites aux palissades et à construire de nouvelles défenses.

* Il rassembla les vivres disséminés dans le fort ct Ceux qui se trouvaient dans la charrette aux bajages. Mais, tout en réduisant les rations au strict iécessaire, il calcula que les provisions ne pour- Faient guère durer plus de quatre jours.

Il envoya quelques-uns de ses meilleurs tireurs dns la prairie. Au bout de trois jours de chasse ils iportèrent deux daims qui furent aussitôt déuillés et salés,

BEnfin, la pluie s'étant mise à tomber pendant Me journée entière, il fit creuser à la hâte une rne, et l'eau qui la remplit vint remplacer heusement celle qui avait été jetée dans le brasier la poudrière.

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La charrette aux bagages contenait, en outre, un petit baril de poudre qui fut enterré au pied du blockhaus, pour servir de réserve en cas d'attaque.

Tandis que Saint-Preux hâtait ces préparatifs d’une défense désespérée et fortifiait par l'exemple de sa froide intrépidité le courage de ses soldats, Léveillé remplissait avec zèle les fonctions de cuisinier, de majordorme, d’intendant, que son maitre lui avait confiées. nu”

Il était chargé de préparer les vivres ct de les ” distribuer. Dieu sait avec quelle prudente pareimonie il procédait à ces difficiles opérations et f quelle éloquence il déployait pour persuader aux 1 pauvres soldats mourant de faim, qui venaient l’im- (1 plorer, que le bouillon fait avec des os était cent 1 fois plus nourrissant que le bouillon trop chargé \f de viande, lequel fatiguait inutilement l'estomac! ( Il avait encore le soin de l’ambulance, qui con- | tenait une vingtaine de blessés, dont douze soldats anglais.

À la suite de la capitulation et de la catastrophe qui avait mis le fort hors d'état de défense, ces derniers avaient éprouvé de terribles angoisses.

Ils avaient entendu les sourdes menaces de mort que proféraient autour d'eux les soldats furieux ; ils s’attendaient à d’horribles représailles. Ils croyaient que, pour l'acte de vengeance de leur commandant et pour se dispenser de nourrir des bouches inutiles, Saint-Preux allait donner l'ordre de les fusiller.

Un soir, c'était deux jours après la reddition du fort, quelques soldats français, ivres de rhum,

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