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Cependant le soleil montait peu à peu au-dessus de l'horizon dans l’azur bleu du ciel.
Tout à coup, un crépitement lointain se fit entendre et des feux rouges et rapides, entourés d’une auréole de fumée, apparurent le long de la lisière du bois.
D’Arramonde tenait sa promesse.
« En avant! » s’écria Gaston de Saint-Preux en s’élançant l’épée haute sur le pont-levis, suivi de ses quarante soldats.
Et, disposant ses hommes en tirailleurs sur une ligne assez étendue, il marcha rapidement vers le détachement anglais campé dans la prairie.
Jean d’Arramonde avait surpris l’autre troupe ennemie par son attaque soudaine.
Les Anglaïs, qui ne pouvaient s'attendre à un coup de main venant de la forêt, s'étaient à peine gardés de ce côté.
Ils montrèrent cependant du sang-froid, prirent vivement les armes et, sans se hâter, battirent en retraite du côté du fort, en tenant tête à l’ennemi.
Les Abénaquis, brandissant leurs haches de guerre, s’élancèrent alors du bois en poussant des cris terribles et se jetèrent dans l'enceinte du campement que les Anglais venaient d'abandonner, tandis queles Canadiens, embusqués derrière les arbres, dirigeaient sur l’ennemi un feu juste et bien nourri.
Le commandant Smith conservait dans cette situation critique son imperturbable sang-froid.
Il dirigeait la retraite de ses hommes et méditait un mouvement tournant qui lui permit de se jeter dans le boïs et de combattre avec moins de désavan-
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tage l'ennemi bien abrité qui faisait pleuvoir sur lui une grêle de balles.
Tout à coup, un cavalier arriva ventre à terre.
Une balle canadienne atteignit en pleine poitrine au moment où il s’approchait du chef anglais.
Il put néanmoins murmurer :
« Les Français sont sortis du fort... ils sont dans la plaine. ils attaquent les Écossais là-bas, de l’autre côté... le blockhaus n’a plus de défenseurs, »
Et roulant à bas de son cheval, il tomba mort.
Aussitôt le commandant anglais eut une inspira-
ion hardie.
Les sauvages n'étaient pas à craindre. Malgré les ordres de Ouinnipeg et les menaces de d’Arramonde, ils se livraient au pillage du camp et s’enivraient avec le rhum et l’eau-de-vie qu'ils y trou-
valent.
Le major Smith chargea trente de ses hommes de résister aux Canadiens établis dans le bois.
Pendant ce temps, avec le reste de sa troupe, il résolut de battre en retraite vers le fort désert, de s'en emparer et de s’y établir solidement.
Ses ordres furent exécutés avec une précision re-
marquable.
Trente hommes se dévouèrent à une mort certaine et continuèrent de tirailler contre les Canadiens pos- Lés sur la lisière du bois.
Les autres, jetant tout bagage inutile, ne gardant que leur fusil, leur poire à poudre et leurs balles, s’élancèrent au pas de course dans la direction du
fort.
[ls avaient fait à peine une trentaine de pas, lors-
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que tout à coup une sorte de trombe passa dans leurs rangs et coucha par terre plusieurs d’entre eux.
Le commandant devint pâle et s'arrêta court.
Un second boulet vint siffler près de lui et enleva la tête d’un de ses hommes. Le sang rejaillit sur lui.
€ Trahison! s’écria l'Anglais, le fort a des dé- ‘enseurs.. 1l à des munitions, de la poudre... »
C'eût été lolie que de poursuivre.
Mais, pris entre les canous du blockhaus et la ligne de feux qui s’allumait le long du bois, à quel dessein pouvait-il s'arrêter ?
Voyant l’hésitation de l'ennemi, le désordre qui commençait à se mettre dans ses rangs, d’Arramonde ne put rester plus longtemps maitre de lui.
Il entraîna ses Canadiens hors des abris qu'ils s'étaient choisis.
« En avant! cria-t-1l, à la baïonnette ! »
De son côté, Ouinnipeg avait arraché une vingtaine de sauvages au pillage du camp.
Ils étaient ivres de rhum, leurs yeux ardents lançaient des éclairs, il leur fallait du sang.
L’Aigle-Noir leur montra le détachement ennemi et leur dit :
« À nous les chevelures anglaises! »
Et Canadiens et sauvages se Jelèrent sur cette troupe terrifiée en poussant des cris sinistres.
Ce fut une scène courte et horrible, une effroyable boucherie.
Au bout de quelques minutes, un monceau de cadavres couvrait l’espace resserré où les Anglais avaient combattu.
LE MARQUIS DE MONTCALM. ut
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dans Semblables à de grands oiseaux de proie, les In-
entre diens, remuant leurs vêtements de plumes, se dresstrent au-dessus de ce charnier,
Ils levèrent leurs bras sanglants et, montrant les
nleva chevelures arraché:s qu'ils tenaient dans leurs lar-
r Jui. | es mains, ils jetèrent vers le ciel un cri gultural,
s dé- | aiou, semblable à celui des vautours.
» . D'Arramonde détourna ses regards avec un sentiment de dégoût et d'horreur.
et la Il remit lentement son épée au fourreau.
quel I n'avait plus d'ennemis devant lui,
e qui
Arra-
Jui.