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l’éperon; elle semblait voler en effleurant la cime des hautes herbes.
Ce cavalier passa comme une trombe sur le flanc des combattants. Il décrivit autour d'eux un cercle immense, courut derrière la troupe écossaise, revint vers la gauche et disparut de l’autre côté du fort.
Cette course fantastique, que les deux troupes ennemies avaient suivie d’un regard étonné, n'avait duré que quelques minutes.
La fusillade retentissait toujours; les Français ne tiraient que de rares coups de fusil et reculaient lentement vers le fort.
Alors Jackson le Virginien, jugeant que le moment était venu d’en finir avec cette misérable troupe exténuée et à bout de munitions, tira son large couteau et, bondissant dans la prairie, cria à ses compagnons de le suivre.
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Une elameur horrible lui répondit. u Mais, au lieu de s’élancer sur leur ennemi presque sans défense, les Écossais sortirent des hautes herbes le où ils étaient cachés et se mirent à courir dans L tous les sens, affolés de peur. el Saint-Preux eut bientôt l’explication de cette étrange panique. o Il vit des flammes s'élever de chaque côté de la Fe prairie, il entendit un sourd crépitement et aperçut un nuage de fumée monter derrière le camp des gl Anglais.
Voici ce qui était arrivé : lé Le combat livré près de la forêt étant terminé ” par le massacre de l'ennemi, l’Aïgle-Noir s'était | à
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Le chef sauvage s'était aussitôt élancé au galop afin d'aller reconnaître la position des soldats de M. de Saint-Preux dont on entendait les coups de fusil du côté du fort.
Ouinnipeg vit la situation critique du gentilhomme français, les efforts qu’il faisait pour lutter contre ün ennemi supérieur en nombre. Il comprit que, sans un prompt secours, c'en était fait de cette poignée de braves.
Alors, allumant une longue corde soufrée qu’il portait toujours sur lui et qui lui servait à recueillir les étincelles du briquet, il laissa pendre cette corde le long des jambes de son cheval.
L'animal, excité par la douleur, partit à fond de train à travers la prairie.
Mais la corde embrasée frôlait en même temps les herbes sèches et traçait dans la plaine un sillon de feu qui entoura bientôt les deux troupes ennemies.
La flamme s’éleva active, effroyable, avec un orondement sinistre, au milieu des tourbillons de noire fuméc.
Il n’y avait plus de retraite possible pour les Anglais que du côté du fort.
Saint-Preux, comprenant le secours incspéré que le cavalier inconnu venait de lui apporter, fit reculer rapidement ses hommes vers le blockhaus.
Les soldats écossais ne cherchèrent même pas à les inquiéter.
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