UNE VISITE INATTENDUE
Cette journée sembla longue au malheureux genulhomme.
Malgré l'énergie de son caractère, 1l se sentait triste et abattu.
Puisqu’il devait mourir, à quoi bon cette attente pire que la mort? À quoi bon lui laisser cette journée de réflexion? Le général Wolf avait bien dù voir qu'il n’y avait pas en lui l’étoffe d’un traître!
Vers le soir, un orage terrible éclata sur le camp anglais. La pluie tomba à torrents, le tonnerre cronda au milieu du sifflement du vent et des clartés fulgurantes des éclairs.
« Allons! pensa d’Arramonde en s'étendant mélancoliquement sur la paille de son étroite prison, Je ne pourrai même pas dormir tranquillement pendant ma dernière nuit. »
L’obscurité était complète. Les trombes d’eau
A sata ue um me
descendant du ciel fouettaient la terre. Les chevaux, attachés à des piquets près de la ferme, poussaient vers le ciel des hennissements répétés.
Tout à coup, Jean d’Arramonde erut entendre un sifflement léger au-dessus de sa tête,
Il n°y prit pas garde d’abord.
Mais, ce bruit doux et persistant s'étant répété à plusieurs reprises, il se leva et s’approcha de la petite fenêtre,
Alors, à la lucur blafarde d’un éclair, 1l vit un visage d'homme collé contre l’étroite lucarne,
« Eh! s'écria-t-1]1, que faites-vous I, l'ami?
— Je viens vous délivrer, monsieur le marquis, répondit tranquillement une voix que d’Arramonde reconnut aussitôt.
— David Kérulaz! s'écria-t-il au comble de la surprise; vous 1c1!... Comment se fait-il?
— Eh! mon Dieu, c'est bien simple, répliqua le chasseur canadien. Inquiet de ne pas recevoir de vos nouvelles depuis plusieurs jours, M. de Montcalm m'a chargé de venir voir au village de l’Ange-Gardic: cc que vous éliez devenu; J'ai accepté avec plaisir, car depuis certains démêlés un peu vifs que j'ai eus avec l’intendant Varin, il m'est difficile de rester à Québec... Le père Joseph, l’aubergiste, m'a raconté comment vous aviez élé pris par les Anglais sur la place du village, et Franck Renaud, qui fumait sa pipe dans un coin de l’auberge, m'a dit qu'il avett failli être fusillé avec vous; que le général Wolf vous avait fait grâce, mais qu’il vous retenait prisonnier... Depuis deux jours je me cache dans lecamp, cherchant un moyen d'arriver jusqu’à vous.
CVAUX, ssalent
dre un
épété à de la
vit un ce.
arquis, monde
de Îa
iqua le de vos nicalm ardien plaisir, e Jal ile de , m'a nolais 1, qui ’a dit inéral tenait dans vous.
Enfin, aujourd’hui, tandis que j'étais tapi dans me meule de foin près de cette ferme, je vous + vu traverser la cour, puis revenir ici... J'ai remarqué que les Anglais avaient posé plusieurs sentinelles autour de ce bâtiment, j'ai vu un soldat montant la warde devant celte lucarne et j'ai découvert ainsi l'endroit où vous éliez enfermé...
— Mais ce soldat ne peut-il vous voir, vous entendre?
— Soyez tranquille; le drôle s’est mis à l'abri, et lant que la pluie tombera avec cette violence nous pourrons causer tranquillement. Voyons, vous ne pouvez rester élernellement ici; je vais faire sauter ces barreaux de fer et, grâce à l'orage, nous sorlirons du camp sans être remarqués.
— (Cette lucarne est trop étroite pour que je puisse passer, David, répliqua d’Arramonde d’un ton découragé.
— C'est vrai, mais je puis avoir facilement raison des deux sentinelles qui gardent la porte de l’autre coté.
— [Il ya un poste de soldats entre la porte du cellier qui me sert de prison et celle de la ferme... Mon brave David, je vous remercie de votre dévoucment, mais je ne veux pas que vous risquiez votre vie pour moi. D'ailleurs, je suis résigné à mourir, maintenant que je vous ai vu. Vous irez dire à M. de Montcalm, à mes camarades que Jean d’Arramonde a fait jusqu'au bout son devoir de gentilhomme et de soldat.
— Mourir, dites-vous ? Comment! Ils vous ont condamné ?.…
A ns achat cause encres
— Oui, ce matin, quand vous m'avez vu passer... Je dois être exécuté demain au lever du jour,
— Alors raison de plus pour ne pas rester ici...
— Eh! mordious! je suis bien de votre avis; mais comment faire”?
— Ayez confiance en moi; je trouverai bien !: moyen de vous sauver, »
Il y cut un silence de quelques instants.
Tout à coup Jean d'Arramonde s’éeria :
€ Ah! David! quelle inspiration! »
Il reprit :
« Le général Wolf m'a promis la vie sauve si je m'engagcais à conduire son armée à un point de la côle où elle pût débarquer. »
Un nuage obscureit le visage loyal du chasseur canadien. Il fronça le soureil avec inquiétude.
« Rassurez-vous, continua d’Arramonde comme s’il eût deviné ce qui se passait dans l'âme honnète de David Kérulaz, je serais mort plutôt que de commettre une telle infamie... Mais écoutez-mot bien. M. de Saint-Preux, que vous connaissez, commande un détachement posté à l’anse du Foulon.
— C'est le seul point de la côte qui soit aborable.
- - Dien. Demain matin j'annoncerai au général Volf que je consens à lui servir de guide. Je le monerai tout droit à cette partie de la côte. Vous, sans perdre un instant, vous allez reprendre Île chemin de Québec, vous traverserez la ville, vous irez prévenir M. de Saint-Preux afin qu’il renforce son détachement et qu’il se munisse d'artillerie, et
au moment où les Anglais débarqueront.…
D REED A dust
passer...
ur,
ler ici... re AVIS;
bien !:
ave Si je int de la
chasseur ude.
e comme honnète t que de ilez-mo) ‘7, COMulon.
it abor-
général . Jde le . Vous, dre le e, vous enforce ere, et
— Je comprends, Ah! par le ciel, votre idée est superbe, monsieur d’Arramonde.
— J'aurai bien des chances d'être tué dans cette expédition, mais au moins je mourrai vengé et J’aurai pu rendre un dernier service à M. de Montcalm.
— Demain matin, au lever du jour, je serai au poste de l’anse du Foulon. »
Et après une pause :
« Que Dieu vous protège, monsieur d'Arramonde!
— Que Dieu vous conduise, David Kérulaz! »
Le visage du chasseur canadien disparut de la lucarne, et Jean d’Arramonde revint s'étendre sur sa couche de paille.
Mais désormais son cœur était soulagé d’un grand poids. La perspective de nouveaux dangers à braver, de nouvelles aventures à courir, le ravissait d’enthousiasme.
Malgré le fracas de la tempête, 1l put goûter un bienfaisant sommeil,
2 Be
re fe de É
du # +:
ss
Pers 3e