‹ Le grand vaincu [microforme]Chapitre 81 sur 85 · Voir l'appendice n° 3, à la fin du volume · texte numérisé non relu

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après avoir pillé le Canada, l'avaient vendu à l’Angleterre, subissaient enfin la juste punition de leurs crimes.

Un arrêt du Conseil d'État, du 12 septembre 1761, avait institué une commission du Châtelet, présidée par M. de Sartines, lieutenant de police, pour juger souverainement les « auteurs des prévaricalions commises au Canada. » Les accusés étaient au nombre de cinquante-cinq. Parmi eux se trouvaient Bigot et son digne subdélégué Varin.

Le 10 décembre 1765, après une instruction de quinze mois, la commission rendit un jugement qui condamnait Bigot et Varin à restituer, le premier : À 500 000 francs, le second : S00 000 francs. Ils furent, de plus, bannis à perpétuité du royaume. Leurs complices durent faire à l’État des restitutions qui s’élevèrent à plus de douze millions".

Quant à nos deux jeunes héros, Saint-Preux et d’Arramonde, ils prirent du service dans l’armée en arrivant en France.

âtons-nous de dire que Jean d’Arramonde eut l'honneur d’être reçu à Versailles par le roi, auquel le maréchal de Belle-Isle voulut bien le présenter.

« Eh! mordious! disait-il gaiement en sortant de celle audience, j'ai fait un détour de trois mille lieues pour voir le roi, mais Je ne le regrette pas! »

L'amitié que Saint-Preux et d’Arramonde avaient

À. Ainsi que le fait remarquer M. Charles de Bonnechose dans son remarquable essai historique sur Montcalm et le Canada, « ces hommes experts en bonnes affaires n’en avaient jamais fait une meilleure, car ils méritaient la corde. Les juges s'excusèrent sur l'absence d'un texte qui punît de mort leur crime. Pour l'honneur de la France, ce genre de trahison n'avait pas été prévu. »

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contractée dans de si singulières circonstances ne se démentit point pendant le cours de leur longue carrière. |

Jamais ils n’oublièrent ce beau pays du Canada où ils avaient fait leurs premières armes, jamais ils ne perdirent la mémoire de ce héros qui leur avait donné de si beaux exemples d’abnégation, de sacrifice au devoir, de dévouement à la patrie.

Ce fut toujours avec un sentiment de profonde émotion que, reportant leurs regards sur ces temps lointains de leur Jeunesse aventureuse, ils revirent dans leurs souvenirs la noble et belle figure du marquis de Montcalm, qui dormait là-bas, de l’autre côté de l'Océan, roulé dans le manteau noir où les grenadiers de France avaient enseveli ce Grand Vaincu.

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NOTES SUR LES ÉVÉNEMENTS QUI SUIVIRENT LA BATAILLE D'ABRAHAM ET SUR LA PERTE DU CANADA

Après la funeste bataille d'Abraham, après la défaite écrasante de l’armée de Montcalm et la mort de ce héros, il semblait que tout était fini et que Pitt n'avait plus qu'à étendre la main pour achever son œuvre et arracher le Canada à la France.

Mais Montcalm n’était pas mort tout entier. Sa grande âme planait sur ces soldats qu'il avait si souvent conduits à la victoire. Il avait laissé des lieutenants dignes de lui, tout animés de son zèle ardent, de son dévouecment à la patrie, et pendant plus d’une année encore il y eut parmi cette poignée de braves comme une folie d’héroïsme dont l’histoire doit pieusement conserver le souvenir.

Les faits que nous avons d 'veloppés dans le cours du récit qu’on vient de lire sont pe : connus. On ne se rend pas bien compte en France ‘e 1 situation magnifique que nous possédions, au siècle de: nier, dans l'Amé-

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