‹ Le grand voyage du pays des Hurons [microforme]Chapitre 41 sur 55 · — EU · texte numérisé non relu

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autres parties du corps, pour se pouuoir defendre des coups de Flesches : car elles sont faictes à l’espreuue de ces pierres aiguës; et non toutefois de nos fers de Kebec, quand la Flesche qui en est accommodée sort d’vn bras roide et puissant, comme est celuy d'vn Sauuage : ces cuirasses sont faictes auec des baguettes blanches, coupées de mesure, et serrées l’vne contre l’autre, tissuës et entrelassées de cordelettes, fort durement et proprement, puis la rondache ou pauois, et l'enseigne ou drappeau, qui est (pour le moins ceux que j’ay veus) vn morceau d’escorce rond, sur lequel les armoiries de leur ville ou prouince sont depeintes et attachées au bout d’une longue baguette, comme vne Cornette de caualerie. Nostre Chasuble à dire la saincte Messe, leur agreoit fort, et l’eussent b'en desiré traiter de nous, pour le porter en guerre en guise d’enscigne, ou pour mettre au haut de leurs murailles, attachée à vne longue perche, afin d’espouuenter leurs ennemis, disoient-ils.

207 Les Sauuages de l'Isle l'eussent encore || bien vouiu

traiter au Cap de Massacre, ayans desia à cet effect, amassé sur le commun, enuiron quatre-vingts Castors : car ils le trouuoient non seulement tres-beau, pour estre d’vn excellent Damas incarnat, enrichy d’vn passement d’or (digne present de la Reyne), mais aussi pour la croyance qu’ils auoient qu’il leur causeroit du bon-heur et de la prosperité en toutes leurs entreprises et machines ‘': guerre.

Comme i on a de coustume sur mer, pour signe de guerre, ou de chastiment, mettre dehors en euidence le Pauillon rouge : Aussi nos Sauuages, non seulement és iours solennels et de resiouyssance, mais

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principalement quand ils vont à la guerre, ils portent pour la plus-part à l'entour de la teste de :rtains pennaches en couronnes, et d’autres en moustaches, faicts de longs poils d’Eslan, peints en rouge comme escarlatte, et collez, ou autrement attachez à vne bande de cuir large de trois doigts. Depuis que nos François ont porté des lames d’espées en Canada, les Montagnets et Canadiens s’en seruent, tant à la chasse de l’Eslan, qu'aux guerres contre leurs ennemis, qu'ils sça- || uent droictement et roidement darder, emmanchées en de longs bois, comme demyespicques.

Quand la guerre est declarée en vn pays on destruit tous les bourgs, hameaux, villes et villages frontieres, incapables d’arrester l'ennemy, sinon on les fortifie, et chacun se range dans les villes et lieux fortifiez de sa Iurisdiction, où ils bastissent de nouuelles Cabanes pour leur demeure, à ce aydés par les habitans du lieu. Les Capitaines assistés de leurs Conseillers, trauaillent continuellement à ce qui est de leur conseruation, regardent s’il y a rien à adiouster à leurs fortifications pour s’y employer, font balayer et nettoyer les suyes et araignées de toutes les Cabanes, depeur du feu que l’ennemy y pourroit ietter par certains artifices qu'ils ont appris de je ne sçay quelle autre Nation que l'on m'a autresfois nommée. Ils font porter sur les guerites des pierres et de l’eau pour s'en seruir dans l’occasion. Plusieur:, font des trous, dans lesquels ils enferment cequ'ils ont de meilleur, et peur de surprise les Capitaines enuoyent des soldats pour descouurir l’ennemy, pendant qu'ils encou-

ragent les autres de faire des armes, || de se tenir 209

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