‹ Le grand voyage du pays des Hurons [microforme]Chapitre 42 sur 55 · REY AE · texte numérisé non relu

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prests, et d’enfler leur courage, pour vaillamment et genereusement combattre, resister et se deffendre, si Pennemy vient à paroistre. Le mesme ordre s’obserue en toutes les autres villes et bourgs, iusqu’à ce qu'ils voyent l'ennemy s’estre attaché à quelques-vns, et alors la nuict à petit bruit vne quantité de soldats de toutes les villes voysines, s’il n’y a necessité d’vne plus grande armée, vont au secours, et s’enferment au dedans de celle qui est assiegée, la deffendent, font des sorties, dressent des embusches, s’attachent aux escarmouches, et combattent de toute leur puissance, pour le salut de la patrie, surmonter l'ennemy, et le deffaire du tout s'ils peuuent.

Pendant que nous estions à Quieunonascaran, nous vismes faire toutes les diligences susdites, tant en la fortification des places, apprests des armes, assemblées des gens de guerre, prouision de viures, qu’en toute autre chose necessaire pour soustenir vne grande guerre qui leur alloit tomber sur les bras de la part des Neutres, si le bon Dieu n’eust diuerty cet orage, et empesché ce mal-heur qui alloit mena-

210 çant nostre bourg d’vn premier || choc, et pout n’y

estre pas pris des premiers, toutes les nuicts nous barricadions nostre porte auec des grosses busches de bois de trauers, arrestées les vnes eur les autres, par le moyen de deux paux fichez en terre.

Or pour ce qu’vne telle guerre pouuoit grandement nuyre et empescher la conuersion et le salut de ce pauure peuple, et que les Neutres sont plus forts et en plus grand nombre que nos Hurons, qui ne peuuent faire qu’enuiron deux mille hommes de guerre, ou quelque peu d’auantage, et les autres cinq

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