II
RAIMONB , lisant des yeux.
Quoi , monsieur , vous me connaissez à peine , et vous avez la complaisance de vous occuper de mon sort !
BARMONVILLE.
Monsieur Raimond , je veux faire cadeau à la rédaclion d'un homme capable. . .
RAÏMOND.
Ah ! que vous me connaissez mal. . .moi mettre en ordre les idées des autres , quand j'ai toutes les peines du monde à régler les miennes !
DARMON VILLE.
Tant d'insouciance est blâmable. . . vous devez compte de vos talens à vos concitoyens.
RAIMOINB .
Mes concitoyens sont des ingrats , je leur ai adressé un volume de mes œuvres , dont quatre journaux de mes amis on fait un éloge effroyable ! eh bien, le croiriez^-vous , mes concitoyens ne se hâtent pas de venir chercher leur exemplaire.
DARMOr^ VILLE.
Et c'est justement ce qui me fait vous rendre visite ce matin . Des pièces reçues , des écrits imprimés . . c'est bon pour l'avenir ; mais M. St. -Val , notre ami commun , qui s'occupe pour vous du présent, m'a procuré Tavantage de vous connaître , d'apprécier votre mérite ; et je viens vous offrir une place dont les appointemens courent d'hier , puisque vous êtes inscrit sur les rôles.
RAIMONB.
Un tel procédé me touche sensiblement.
Air de Vadé, Yous pouvez, je n'en doute pas , De mon temps m' offrir le salaire ^ Et me sauverez môme en ce cas Les ennuis du surnuméraire.
Mais ma franchise vous prévient Que du rôle il faut qu'on in^efface :
Car si la place me convient...
Je ne conviens pas à la place.
BARMOÎ^VïLLE.
Parce que vous ne voulez pas vous gêner uu peu